Londres dévoile un budget de rigueur malgré la récession déjà en cours

"J'ai essayé d'être juste en demandant à ceux qui ont plus de contribuer plus", a fait valoir M. Hunt, au ton sobre, devant le Parlement.

Le nouveau ministre des Finances avait la lourde tâche de rassurer des marchés échaudés par les annonces budgétaires massives non financées de la précédente Première ministre Liz Truss, qui avaient fait plonger la livre sterling à son plus bas historique et s'envoler les coûts d'emprunt de l'Etat et des Britanniques.


En énumérant un ensemble de mesures de 55 milliards de livres au total, il a mentionné l'abaissement du seuil le plus élevé de l'impôt sur le revenu, et un relèvement de la taxe sur les revenus exceptionnels des géants pétroliers et énergétiques.
Un peu moins de la moitié de cette somme viendra des hausses d'impôts, le reste d'une réduction des dépenses, sauf dans la Santé et l'Éducation : "la politique budgétaire va être resserrée nettement l'an prochain, amplifiant une récession déjà en cours", estiment les économistes de Pantheon Macro.

Le pays est déjà en récession et le produit intérieur brut devrait se contracter encore d'1,4% l'an prochain, prévoit l'OBR, l'organisme de prévision budgétaire public. L'institut prévoit aussi une hausse du chômage. De quoi refroidir les investisseurs, et la livre chutait face au dollar depuis l'intervention de M. Hunt, même si les taux d'emprunt de l'Etat étaient stables.

Le niveau de vie dégringole

Le traitement indigeste de M. Hunt pour juguler l'inflation et redonner confiance aux marchés rappelle aux Britanniques les heures sombres de la crise financière de 2008 et 2009, qui avait été suivie d'une cure d'austérité aux conséquences durables sur les services publics, et particulièrement le système de santé chroniquement sous-financé.