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Crise du Soutien Gorge : la révolution des nénés libres.

Crise du Soutien Gorge : la révolution des nénés libres.

Objet de désir et de fantasmes pour certains, entrave à la liberté pour d’autres, le soutien-gorge semble plonger au fond du gouffre. Depuis la pandémie Covid, la « no-bra attitude » a renversé le règne des balconnets rembourrés pour révéler le confort de la poitrine libre.

Francine Joyce

Selon l’Ifop, le nombre de jeunes filles de moins de 25 ans qui ne portent plus de soutien-gorge est passé le mois dernier à 18% - c’est 4 fois plus qu’à la veille du premier confinement. Une catastrophe financière pour la Chine qui en produit 46 par seconde (1.46 milliards par an) et va devoir adapter sa technologie des armatures aux masques sanitaires !

Que dire de ce revirement ? À quel sein faut-il se vouer en 2021 ?

Passer des push-ups à rien du tout est célébré aujourd’hui par certaines comme une révélation. Adieu Baleines, Balconnets, Bretelles …  Nos seins sont-ils devenus un enjeu d’émancipation ?

Allez, dans cet article, on déballe la marchandise !

La gorge : un passage étroit entre 2 montagnes ; le soutien-gorge : la structure qui (jusqu’à hier) maintenait le relief de notre buste à une fière altitude. Et bien il semblerait que cette solide armature glisse depuis quelques mois au fond des catacombes de la mode. Vestige d’une lingerie glamour parfois spectaculaire, le soutien-gorge devient un symbole de torture (comme les talons aiguilles) voire d’asservissement.

Sevrée de sa lingerie fine, Rihanna vante depuis plusieurs mois les avantages de la vie sans maintien - à l’instar de Jean-Jacques Rousseau qui à son époque déjà s’opposait à l’oppression de la corseterie. Ne rien mettre sous son t-shirt mouillé, c’est selon elle, ne plus subir la tyrannie de la poitrine parfaite … vous savez ? la demie-pomme, grosse, haute et ferme ! Retirer le soutien-gorge serait aussi selon elle, adopter une meilleure posture et se libérer d’un carcan inutile, voire néfaste.

Faut-il donc, comme le préconisent les stars hollywoodiennes, « faire péter la soie et la dentelle »… au risque d’une poitrine qui vise le sol ?

Si aujourd’hui la technologie et la mode proposent des sous-vêtements qui s’adaptent à toutes les morphologies et à tous les goûts, certains rapports médicaux ont décrit escarres, déformation de la cage thoracique ou de la colonne vertébrales. Le soutien-gorge comprime les tissus. Il gênerait la libre circulation des systèmes sanguin et lymphatique, favorisant des douleurs mammaires, le développement de kystes, de fibroses et autres joyeusetés. En outre, selon ce tsunami anti-soutif, en opprimant le corps on opprime la liberté des femmes et leur place dans la société.

De plus, une étude de 1997 à 2010 qui a suivi des femmes pendant 15 ans, a montré que le non-port du soutien-gorge pouvait remonter le mamelon de 7 millimètres en un an et raffermir les seins.

Ainsi, de nombreux hashtags style nobrachallenge , FreeTheNipple sont apparus sur le Net pour nous encourager à nous émanciper de nos sous-vêtements - comme d’autres le font depuis longtemps pour arrêter de fumer ou perdre du poids.

Pourtant, il y a juste quelques mois (février 2021) quand la députée anglaise Tracy Brabin se présentait à la Chambre des Communes dans une robe asymétrique laissant apparaitre une épaule nue, un torrent de tweets sexistes se déversait sur les réseaux sociaux. Même histoire avec le décolleté jugé trop plongeant de notre ministre Marlène Schiappa à l’Assemblée Nationale un mois plus tôt.

Petit retour historique.

Le soutien-gorge n’a pas toujours eu vocation d’être vu. Au cours du temps, il a été stratégiquement conçu pour tour à tour, cacher, montrer ou laisser entrevoir l’interdit.

Pendant longtemps les canons féminins exigeaient d’être douces, pâles, mélancoliques, marcher à petits pas et parler le moins possible. Le corset rigide, rudimentaire et inconfortable aidait à nous rendre moins visibles. Puis les robes ont rehaussé le buste, les effets de lacets au milieu attiraient le regard et plus les seins débordaient, mieux c’était ! Et puis est apparue la guêpière qui mettait l’accent sur une taille marquée avec un message clair :  moins on respire plus on est jolie ! Le design du soutien-gorge est ainsi passé par les formes les plus ludiques, sans bretelles, dos nus sans armatures, avec rembourrage à mémoire de forme, rigides, élastiques, avec coques en mousse, torpilles, portés même par-dessus les vêtements. En quelques décennies, nous sommes passées du pratique et fonctionnel de Playtex à l’innocent de Petit Bateau, au spectaculaire de Victoria’s Secret et aux ornements glamour de toutes les autres marques pour nous retrouver en 2021 à la mode des petits seins et du look androgyne.

Je laisse donc le dernier mot à nos lecteurs masculins qui se disent fascinés par ce sous-vêtement, écrin de notre féminité. Eux, les hommes, ils n’en portent pas et ils n’ont pas les mêmes soucis avec leurs « attributs » !

« pour moi le plus beau soutien-gorge c’est celui qui s’enlève facilement ! «  Fred

« Quand j’étais ado, ma hantise c’était de ne pas savoir dégrafer le soutien-gorge de ma copine … d’avoir l’air maladroit à un moment clé ! A cet âge la, on a pas beaucoup d’expérience dans ce domaine !!!» Xavier

« les soutien-gorges c’est comme les voitures, y a toutes les cylindrées, ça dépend des goûts ! » Sam

« Pour moi c’est une question d’harmonie, des push-ups volumineux au-dessus d’un tour de hanche de 30 cm, je ne trouve pas ça naturel » Robert

« Pour moi, rien ne vaut le naturel – pas besoin de tissu pour me séduire ! »Denis

A vous de choisir mesdames et mesdemoiselles, de mettre en avant – ou pas- votre avant-scène !

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