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Exposition Leigh Bowery à Londres
Tate Modern expose la fulgurante empreinte artistique du légendaire monstre de l’extravagance Leigh Bowery.
Shocking ! Shocking ! Shocking !
Un corps atypique, un maquillage outrancier, des tenues surdimensionnées, une personnalité extravagante, le créateur-styliste-showman Leigh Bowery a fait de son apparence une œuvre d’art.



Leigh Bowery - photos F. Joyce
Il a été l’inspiration première de tous les John Galliano, Lady Gaga, Alexander Mc Queen et Elton John de ce monde. Il a aussi, sans surprise, été l’ami de Georges Michael, de Boy George et de toute la communauté “underground” et transgenre de Londres dans les années 80-90.



Leigh Bowery et son entourage - photos F. Joyce
La Tate Modern lui offre aujourd’hui et jusqu’au 31 aout 2025, une rétrospective spectaculaire où il apparait dans tous ses excès et sa créativité la plus totale. Des centaines de photos, de tenues, de vidéos, d’archives de son enfance jusqu’au sommet de sa gloire sont exposées dans des mises en scènes saisissantes ; des interviews sont projetées sur des écrans géants. Les salles sont immenses, le parcours est palpitant, stupéfiant, théâtral et très troublant.
Depuis le plus jeune âge, Leigh s’est vêtu de mille couleurs, a dessiné et cousu ses propres costumes pour afficher un sens flamboyant de la liberté et de l’exhibitionnisme. Il a aussi caché son visage derrière des masques révélant une identité plurielle, complexe et transformiste.


Exposition Leigh Bowery 2025 a la Tate Modern - photos F. Joyce
A 19 ans, il quitte son Australie natale – à ses yeux trop sage et conservatrice – pour s’installer à Londres, capitale bouillonnante de la mode et du spectacle. Il se fait très vite remarquer et en un temps éclair, il devient une icône de la mode et une incarnation de l’extravagance sans complexes. Il fait du corps son terrain d’expression privilégié. “Flesh is the most fabulous fabric “ explique-t-il. (“La chair est le plus fabuleux des matériaux”)

Ses costumes juxtaposent l’étrange, l’absurde, la culture SM. Certains sont drôles, d'autres font peur. Ils font tous preuve d'une créativité débridée et hors normes. Les tissus sont d'un grand raffinement, les draperies sont luxueuses, les matériaux et les détails sont travaillés avec minutie et délicatesse - contrastant avec un look total agressif.

Leigh Bowery ne se soucie ni de la fonctionnalité ni du confort des vêtements ou des chaussures qu'il dessine. Ils sont surdimensionnés, compriment les chairs sous des corsets, présentent des “excroissances” ahurissantes (faux seins, pseudopodes fessiers, casques à franges, lèvres gonflées et transpercées d’agrafes, bottes aux semelles vertigineuses…). Les costumes de scène qu’il signe pour les ballets de Michael Clark sont si malcommodes (cactus en fleurs par exemple) qu’ils entravent les mouvements des danseurs et contrarient les chorégraphies. mais son style unique interpelle.



costumes signés Leigh Bowery - photos F. Joyce
À l’époque, The Independent, le décrit comme “un clown de bande dessinée perverse pour la génération post-punk, s’engouffrant dans les multiples métamorphoses de la mode ”. Il cherche à désobéir, à rompre avec les conventions et à choquer. Comme tout avant-gardiste, il ne cherche pas à plaire ; il cherche à défier les codes établis.
Pour donner libre cours à son besoin de jouissance “anarchique” il ouvre “TABOO”, le nightclub le plus branché et le plus dépravé de la capitale anglaise où se retrouvent les stars de l’époque. L’atmosphère sauvage de ce haut lieu de transgressions multiples, fascine – un peu comme une étincelle au cœur d’une époque de changements.



Taboo night Club
Leigh devient aussi la muse du peintre Lucien Freud qui le dessine nu - sans ses costumes-armures, sans le maquillage qui cache une vulnérabilité profonde.



Leigh Bowery et Lucien Freud - photos F. Joyce
Au-delà des couleurs vives, des sequins, des projecteurs, il se dégage d’ailleurs de l’exposition un sentiment de détresse, de malaise, voire de souffrance. En effet, Leigh Bowery est malade. Il meurt du SIDA à trente ans à peine. Il laisse derrière lui une influence internationale puissante.

Leigh a profondément influencé la culture de la mode et du "show bizz". Que vous aimiez ou que vous soyez choqués, cette exposition met en lumière une époque chargée de contradictions, de doutes, et d'émotions ambivalentes. C'est trés visuel et à découvrir vraiment.
"Leigh Bowery" à la Tate Modern
du 27 février 2025 au 31 aout 2025