Eclectic Minds ou l'art d'apprendre une langue autrement

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En 2015, Noémie Jean Clarke, professeure de français et d’anglais agrégée, crée Eclectic Minds, une école de langues pas comme les autres. L’apprentissage de l’anglais, du français et de l’Italien y est différent. Avec Eclectic Minds, les cours prennent la forme d’échanges, de discussions dans des cafés ou des pubs. Chaque cours est adapté à un niveau. Néo pour les débutants, Midi pour une petite discussion et Poly pour ceux ayant un bon niveau. L’inscription se fait en ligne. Nous avons interviewé Noémie Jean Clarke pour en apprendre plus sur ce concept original et efficace.

Noémie, pourquoi Londres ?

J’ai toujours eu très envie de venir en Angleterre depuis petite et puis j’ai eu l’opportunité d’y aller. Je suis arrivée comme assistante de français et j’ai continué sur une formation de professeur dans le secondaire. C’est venu plutôt naturellement. J’avais le choix de rentrer ou de continuer ici mais les opportunités étaient vraiment plus alléchantes. J’ai commencé ma carrière comme professeur dans le secondaire en collège et lycée. Puis j’ai rencontré mon mari. Je lui ai demandé où est-ce qu’on s’installe ? Il m’a répondu Londres, c’est London forever ! Donc on s’est installés ici et maintenant ce serait difficile pour nous de considérer nous installer autre part. C’est vraiment Londres qui est notre foyer. J’ai habité dans trois autres villes britanniques à Cambridge, à Saint Albans et dans le Dorset. Toutes les villes m’avaient enthousiasmée, j’étais prête à aller autre part mais maintenant qu’on est ici je me sentirais cloisonnée dans une autre ville. Ce ne sont pas les mêmes atmosphères, ce ne sont pas les mêmes ouvertures et ce ne sont pas les mêmes possibilités tout simplement.

Pourquoi avoir fondé Eclectic Minds ?

J’ai monté Eclectic Minds par envie personnelle et professionnelle. J’ai déjà travaillé en collège, lycée et j’ai donné des cours à des enfants, à des adultes. Pour les cours pour adultes, j’ai travaillé pour plusieurs agences de cours. Mais d’un point de vue professionnel, ça ne me permettait pas de m’épanouir. J’étais contrainte de faire ce que les gens me disaient quand ils me le disaient. Je me trouvais contrainte en termes d’emploi du temps et aussi de me mettre à la disposition des gens. Or, il n’y a pas plus humain que des cours de langue. C’est ma culture et ma langue que j’ai envie de transmettre à un autre humain qui a une culture et une langue différente. Je trouvais qu’il y avait trop d’intermédiaires alors que finalement on était d’humain à humain. J’ai voulu casser ces barrières.

Eclectic Minds propose une méthode différente de celles qu’on a l’habitude de voir enseignée dans les cours de langues avec parfois le sentiment de carcans, Eclectic Minds c’est plus de liberté ?

Absolument. Et en fait, j’ai voulu me détacher de ces carcans. Que ce soit le carcan de l’environnement en sortant de la salle de classe d’une part, mais aussi sortir du bureau autre carcan quotidien. Londres a pléthore de beaux cafés, de pubs sympas de banquettes dans lesquelles tu peux agréablement t’installer. Il était aussi important de rafraîchir la vision de cours de langues souvent limités aux souvenirs d’école. Beaucoup voit l’enseignement des langues comme très strict, rigoureux. Ce sont souvent des souvenirs qui ne sont pas forcément pour tous très joyeux. Cela peut même être douloureux. Et c’est vraiment ça que j’ai eu envie de démystifier, de ne pas forcément rester sur cette image.

Noémie lors d'une classe Eclectic Minds, ©Alexandra Roche
Noémie lors d'une classe Eclectic Minds, ©Alexandra Roche

Les classes peuvent prendre place dans des cafés, des pubs, en quoi ce concept peut-il changer l’apprentissage d’une langue ? Qu’est-ce que cela apporte en plus ?

Ça va permettre de briser la glace c’est-à-dire qu’on se retrouve tous dans un endroit que l’on maîtrise, où l’on maîtrise les codes. En fait, les codes du pub et du café nous sont connus tandis qu’en apprenant une langue on arrive sur des terrains qui nous sont inconnus. Ce sont souvent les situations qui font que l’apprentissage peut être délicat. De se retrouver dans un environnement qu’on connaît, de boire un verre, on peut s’ouvrir et se détendre plus facilement. Cela permet aussi que les groupes soient petits. L’idée du groupe qui est à 5 étudiants maximum pour un professeur nous permet d’avoir une table où il y aura la place de mettre 5 cahiers et 5 cafés. Donc cela reste accessible. Cela reste une classe, on a un objectif mais l’objectif est surtout de démystifier l’aspect de la classe en la rendant accessible et que tout le monde puisse se sentir à l’aise.

Est-ce qu’il y a une tranche d’âge précise ou un profil précis pour les élèves ?

Je ne savais pas exactement à quoi m’attendre quand j’ai lancé le projet il y a 5 ans et en fait je l’ai surtout lancé pour pouvoir brasser les cultures, les nationalités, les genres et le fait est que non, il n’y a pas vraiment d’âge minimum prérequis comme d’âge maximum. Notre étudiante la plus âgée a plus de soixante-dix ans et on a reçu des adolescents dans nos cours. Ils viennent sur la semaine de vacances et les parents achètent un nombre d’heures pour qu’ils fassent de l’anglais. C’est un super moyen de visiter Londres parce qu’ils peuvent prendre deux heures d’anglais dans des quartiers différents et découvrir le quartier dans la foulée. L’idée c’est de les emmener dans les différents quartiers et de leur donner les clefs. Tous nos cours se sont toujours très bien passés. Tout le monde partage la même idée d’échanger. On peut tous parler sport, on peut tous parler cinéma. Le professeur adapte le sujet. L’idée c’est de pouvoir tous s’exprimer.

Est-ce que le choix du nom d’Eclectic Minds fait écho à ce croisement d’expériences, de discussions ? Pourquoi avoir choisi ce mot « Eclectic » ?

Mon cœur de métier c’est bien sûr les cours de langues, mais c’est surtout le pourquoi on le fait. On a une liste de sujets avec les professeurs qu’on doit tous aborder. Chaque classe va aborder une des thématiques, un des sujets avec un objectif grammatical et de vocabulaire. Ce n’est pas parce qu’on n’aime pas le sport qu’on ne peut pas en parler. L’idée de pouvoir parler une langue c’est de s’exprimer sur tous les sujets. C’est cette variété qui fait la richesse de cet apprentissage, il est important aussi de laisser la place à chacun de pouvoir s’exprimer pour qu’on puisse pouvoir débattre, argumenter, essayer de convaincre, donner envie de. On repart tous souvent avec plein d’idées de choses à faire, à voir, à lire… Et dans le cas où la conversation ne nous convient pas, il est important d’apprendre à faire semblant ou même d’emmener les autres sur un autre sujet : c’est tout un talent !

Comment s’est formée l’équipe Eclectic Minds ? Est-ce qu’il y a eu des rencontres, est-ce que ce sont d’anciens étudiants ?

J’ai mis des annonces pour aller recruter différents professeurs, tous qualifiés. Ensuite, cela s’est fait par du bouche-à-oreille et depuis novembre la plateforme est ouverte à tous les professeurs de langues. Donc les professeurs de langues qui souhaitent rejoindre l’équipe peuvent. Les professeurs ont leur spécialité que ce soit italien, français ou anglais. Chacun est dans son quartier donc on aura directement des affinités avec notre environnement.

Cours Eclectic Minds, ©Alexandra Roche
Cours Eclectic Minds, ©Alexandra Roche

Quel serait aujourd’hui l’avenir d’Eclectic Minds ? Est-ce que vous souhaiteriez développer le concept en dehors de Londres ?

L’idée serait que chacun puisse utiliser la plateforme et en faire sa matière. C’est-à-dire que ce n’est pas du tout limité à Londres. Si je dois quitter Londres un jour, je prendrais forcément mon petit bout d’Eclectic Minds avec moi pour aller le lancer autre part. Il n’y a pas de raison que ça s’arrête car c’est largement ouvert et les frontières n’existent quasiment plus à ce niveau-là, chacun peut en faire ce qu’il veut.

Comment se passent les classes pendant le COVID ?

Ça nous a fait mal au cœur de dire au-revoir à tous les gens des cafés. On pense très fort à eux parce que je pense qu’il y en a plusieurs qu’on ne reverra plus. Le premier confinement a été un choc mais on a su se reconcentrer sur ce que nous devions faire. On a tout décalé sur Zoom et on a lancé nos classes en ligne. On les a juste limitées à deux étudiants par cours parce que les interactions sont très différentes. On a du mal à s’entendre donc à cinq étudiants et un professeur sur une heure c’était compliqué alors que l’intérêt d’Eclectic Minds est de pouvoir dire des choses et pouvoir être corrigé pour progresser. Il y a plusieurs d’étudiants qui seront contents de rester sur zoom car ils ont trouvé leur façon de travailler. Mais j’estime que le cœur d’Eclectic Minds est de sortir et de voir les gens, se retrouver. Tout l’intérêt est de se voir en vrai.

Est-ce qu’il y aussi la possibilité de travailler l’écrit de la langue ?

Le b.a.-ba de l’apprentissage d’une langue ce sont les quatre compétences : reading, listening, writing et speaking. C’est la base. La lecture, l’écriture et l’écoute peuvent se faire en étant seul.e. tandis que parler c’est plus compliqué. Donc l’idée d’Eclectic Minds est d’avoir un espace pour cet échange. Maintenant, ce sont les devoirs qui sont systématiquement donnés qui pourront aider. Toutefois, si on fait un cours sur la nourriture, forcément les devoirs seront de regarder the Great British Bake off, d’aller à la bibliothèque pour trouver un livre de recettes et en réaliser une.

Pour faire partie de l’aventure Eclectic Minds et d’être certain.e. de progresser en anglais, en italien ou en français rendez-vous sur le site de l’organisation pour vous inscrire. Plaisir, apprentissage et épanouissement assurés !


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