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Exposition “Le Soleil et la Lune” à la Saatchi Gallery : un rêve universel, un dialogue millénaire entre l'humanité et le ciel.
Quand le XXIe siècle réalise ce que les mythes du monde entier n’osaient qu’imaginer
Pour nous tous expatriés à Londres - ou plus loin, voire bien plus loin- il est un petit fragment de notre enfance française que nous avons tous emporté partout avec nous dans nos valises, tous ! Comme une poignée de terre, comme l’une des pierres précieuses de notre culture : “Le Petit Prince” d'Antoine de Saint-Exupéry. Ce petit personnage blond planté sur son astéroïde B 612, qui contemple les couchers de soleil et dialogue avec les étoiles. Il nous a très tôt appris que le ciel était bien plus qu’un décor. Il est et sera toujours un horizon infini tourné vers l’inconnu, vers des mondes imaginaires qui fascinent l'humanité. C'est pourquoi, la toute nouvelle exposition de la Saatchi Gallery The Sun and The Moon : Art Inspired by the Celestial, résonnera pour vous tous expats, comme une invitation à retrouver la poésie céleste du Petit Prince - mais cette fois à travers des siècles d'art, de mythes et d'exploration humaine.



photos F. Joyce
L'exposition offre sur deux étages un parcours qui parait presque aussi vaste que le ciel lui-même. Comme FLOWERS (en 2025), elle explore la façon dont le monde naturel inspire la créativité à travers toutes les disciplines artistiques -la peinture, la sculpture, les mosaïques, le cinéma, la mode, la littérature...
Pour nous qui avons grandi avec les images en noir et blanc du premier pas sur la Lune, ces salles immenses sont un voyage multicolore à travers le temps, les cultures, les drapeaux.

Ce qui frappe d'emblée dans The Sun and The Moon, c'est l'ampleur de sa vision. L'exposition se déploie comme une Odysée à travers un cycle complet de vingt-quatre heures, de l'aube jusqu'aux profondeurs de la nuit.



photos F. Joyce
Chaque salle évoque une période du jour et explore les récits associés au Soleil et à la Lune dans la mythologie, les rituels de civilisations plus ou moins lointaines, la mesure du temps, l'exploration de l’univers et la spiritualité.
Le parcours débute à l'Aube avec un buste celtique de Sol Invictus datant du Ier siècle avant J.-C. et d’une réplique fidèle du Disque de Nebra - stupéfiante représentation du ciel vieille de 3 600 ans (découverte en Allemagne). Bien avant nos télescopes et nos rovers martiens, l'humanité tout entière levait les yeux pour tenter de donner un sens à ce qu'elle voyait.
Ainsi pour les Aztèques, et de nombreuses civilisations amérindiennes, le Soleil était bien plus qu'une source de lumière et de chaleur : il était une divinité qui exigeait des offrandes, un moteur cosmique sans lequel le monde s'effondrerait. Cette vision du ciel comme espace de pouvoir absolu contraste magnifiquement avec d'autres traditions comme les croyances lunaires des peuples arctiques, ou bien la douce personnification de la Lune dans la mythologie grecque, ou encore la symbolique yin-yang de la pensée asiatique.



photos F. Joyce
L'exposition démontre comment le Soleil et la Lune sont le miroir de chaque civilisation qui les contemple.
Des chefs-d'œuvre jalonnent le parcours. Parmi les artistes présentés, des noms aussi illustres que Joan Miró, Peter Doig, Paula Rego, Dora Maar, Joseph Wright of Derby, Turner, Paul Nash et Patrick Caulfield,



Joseph Wright of Derby / Miró - photos F. Joyce
et aussi Barbara Hepworth et ses sculptures organiques qui évoquent la rondeur de la lune…. Autant de regards différents posés sur ces deux astres, autant de façons de les percevoir.
L'installation monumentale Helios de l'artiste britannique Luke Jerram est certainement la pièce maîtresse de l'exposition. Jerram est connu pour ses globes lumineux — ses représentations de la Terre ou de la Lune suspendues dans l'espace de galeries. Ici il fait briller au coeur de la Saatchi un soleil gigantesque et magnifique.
Le collectif artistique international teamLab, propose lui deux installations immersives et sensorielles : Massless Suns et Dark Suns. Ces réalisations numériques tentent d’effacer la frontière entre le spectateur et l'œuvre.

Elles plongent le visiteur dans une méditation sur la lumière et l'obscurité, sur ce que signifie être entouré de l'énergie solaire ou enveloppé par la nuit lunaire.
L'originalité de cette exposition est de ne pas se cantonner aux beaux-arts traditionnels. Elle embrasse la culture dans toute sa diversité. L'ésotérisme et ses représentations symboliques y trouvent une place légitime un peu effrayante.



photos F. Joyce
Les arcanes du tarot jouent avec le Soleil et la Lune pour annoncer le triomphe et la clarté pour l'un, l'illusion et l'inconscient pour l'autre.
L'exposition explore aussi les arts du stylisme et de la mode. Elle couvre des siècles d'imagination humaine, des lunettes de neige arctiques anciennes aux textiles inspirés des missions Apollo. Cette section rappelle que la conquête spatiale a profondément marqué le vestiaire du XXe siècle : les combinaisons argentées des astronautes ont influencé Courrèges, Paco Rabanne et toute une génération de créateurs qui rêvaient de futurs interplanétaires.



photos F. Joyce
Et puis il y a la danse. Les grands ballets classiques ont toujours entretenu une relation intime avec le ciel nocturne. La Bayadère, Giselle, Le Lac des Cygnes — ces œuvres où les sylphides évoluent sous la lumière froide d'une lune imaginaire — sont ici représentées à travers des photographies de scène et des costumes.
Ils rappellent que le corps humain, lui aussi, cherche à s'élever.
L'exploration spatiale occupe naturellement une place centrale. Des photographies d'astronautes, des archives des missions Apollo, des matériaux scientifiques viennent rappeler que le XXe siècle a réalisé ce que les mythes n'osaient qu'imaginer : poser le pied sur cet astre qui avait fasciné l'humanité depuis ses origines.
Paul Foster, directeur de la Saatchi Gallery, résume l'ambition de l'exposition ainsi : “ elle est conçue comme une célébration joyeuse du monde et du système solaire dans lequel nous vivons.” C'est précisément ce que l'on ressent en la parcourant : un émerveillement émotionnel qui entraine enfants et adultes dans un songe poétique bien loin de la grisaille urbaine et des turbulences politiques actuelles.

Une occasion littéralement rêvée pour nous, Français à Londres, de nous sentir un peu comme notre Petit Prince.
The Sun and The Moon : Art Inspired by the Celestial est ouverte tous les jours à partir de 10h, avec dernière entrée à 16h30. Les enfants de moins de 6 ans entrent gratuitement

Saatchi Gallery, Duke of York's HQ, King's Road, Londres SW3 4RY. Jusqu'au 8 septembre 2026. Billets sur saatchigallery.com
