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Le Labour bloque la candidature d'Andy Burnham par crainte d'un rival à Starmer
Le Labour bloque la candidature du maire de Manchester aux législatives partielles, craignant qu'il ne devienne un rival politique de Keir Starmer à Westminster. Une décision qui divise le parti.
Le Comité exécutif national du parti travailliste britannique a opposé dimanche 25 janvier un veto à la candidature d'Andy Burnham, maire du Grand Manchester, à des élections législatives partielles. Cette décision marque un nouveau tournant dans les tensions internes au Labour, alors que Keir Starmer fait face à une impopularité croissante.
Un rival potentiel écarté de Westminster
Andy Burnham, l'un des politiciens travaillistes les plus en vue du pays, avait annoncé samedi son souhait de se présenter aux élections législatives anticipées dans une circonscription de Manchester. Mais le NEC (National Executive Committee), dirigé par la ministre de l'Intérieur Shabana Mahmood, a rejeté sa candidature à huit voix contre une.
La raison officielle invoquée concerne le coût d'élections anticipées pour la mairie du Grand Manchester. Si Burnham était élu au parlement, il devrait démissionner de son poste de maire, déclenchant un scrutin local coûteux. Le parti ne voulait pas prendre le risque de perdre cette mairie stratégique.
La crainte d'un challenge à Starmer
Mais la décision cache une réalité politique plus complexe. Les alliés de Keir Starmer, très impopulaire et contesté au sein même du Labour, craignent depuis plusieurs mois qu'Andy Burnham ne tente de le renverser s'il revenait au parlement.
Le Premier ministre lui-même a voté pour bloquer la candidature de Burnham, confirmant ces tensions au sommet du parti. Cette décision intervient alors que le Labour est très bas dans les sondages, dépassé par Reform UK, le parti anti-immigration de Nigel Farage.
Une décision qui divise le parti
Andy Burnham s'est dit déçu sur X et inquiet de l'impact potentiel sur les élections à venir, tout en assurant qu'il soutiendrait le candidat du Labour. "Nous sommes plus forts ensemble", a-t-il écrit.
Mais les critiques ont fusé au sein du parti. Louise Haigh, ancienne ministre des Transports, a jugé cette décision "incroyablement décevante", appelant le NEC à changer de cap : "Sinon, je pense que nous finirons tous par le regretter".
Un test électoral crucial en mai
Cette crise interne survient à un moment critique pour le gouvernement travailliste, arrivé au pouvoir en juillet 2024. Keir Starmer a affirmé début janvier qu'il irait au bout de son mandat de cinq ans, après des rumeurs de manœuvres pour le remplacer.
Si les prochaines législatives ne sont pas prévues avant 2029, le gouvernement sera soumis à un test électoral important lors des scrutins locaux de mai 2026. L'issue de ce vote pourrait redessiner l'avenir politique de Starmer et du Labour.
Sources : AFP, déclarations officielles du parti travailliste britannique