Quantcast

Publicité - Pour consulter le média sans publicité, soutenez-nous





Publicité



Les entreprises sont poussées à la transformation tous azimuts à cause du Brexit et du Covid-19

Le Brexit et le Covid-19 combinent leurs effets sur les entreprises britanniques et européennes, qui sont, pour nombre d’entre elles, forcées de changer leur organisation, leur manière de travailler voire leur stratégie globale, peut-être pour le meilleur.

Lydik Grynfeltt

Le Brexit avait été annoncé comme un trouble-fête pour l’économie britannique à l’issue de nombreuses années de débats politiques, de discussions parlementaires, et de négociations entre Bruxelles et Londres. Mais il faut l’avouer, le public commençait à se dire que finalement, Brexit ou non, la vie continuerait à être la même, notamment en raison de la période de transition post sortie et de la signature d’un accord avec l’Union Européenne fin 2020.

Il a fallu attendre 2021 pour voir quelques effets négatifs sur la vie quotidienne des britanniques avec le manque abyssal de chauffeurs routiers dans le pays, les difficultés d’approvisionnements qui en découlent, les complications en termes d’import-export et particulièrement la tension sur la supply-chain globale pour l'île britannique. Ceci n’est que la partie visible de l’iceberg et il est difficile d'évaluer quel sera le réel manque à gagner du Royaume-Uni post-Brexit, notamment car ce manque à gagner dépend de la réaction des entreprises britanniques aux nouvelles contraintes.

Photo by Phil Shaw on Unsplash

Pour les entreprises locales, le Brexit a généré une pression et crée des pressions sur leur stratégie et leur organisation, même pour celles dont les revenus ne dépendent pas directement de ventes sur le marché européen. Depuis 2021, et notamment à la sortie de crise du Covid-19, il est maintenant évident que la sortie du Royaume-Uni de l’Union Européenne engendre déjà un manque de main d’œuvre qualifiée et moins qualifiée et de complications opérationnelles qui poussent les entreprises à considérer la création de filiales sur le continent voire l’expatriation sur d’autres pays de l’UE.

La crise du Covid-19 et son impact sur l’organisation du travail, notamment dans le secteur des services où la grande majorité des salariés ont dû travailler de chez eux pendant de nombreux mois, a ajouté une pression supplémentaire sur les entreprises les forçant à repenser leur organisation de bureaux, leurs services, leurs offres, voire leur stratégie sur le plus long terme.

A la sortie de crise, après les quatre premières vagues de Covid-19 fin de l’été 2021, il est maintenant question de repenser l’organisation de la vie de bureaux de façon hybride, c’est-à-dire par la prise en compte d’un mix entre travail à distance et travail en présentiel.

Chaque entreprise se sent obligée de repenser l’organisation du travail afin de s’adapter aux contraintes encore existantes et vraisemblablement durables du Covid-19, de minimiser les risques de contamination au travail, de garder leurs talents (incluant ceux qui veulent encore travailler de chez eux et ceux qui préfèrent être au bureau) et de faire fonctionner de manière performante des équipes généralement impliquées dans un modèle hybride souvent difficile pour les chefs d’équipes.

Le cabinet de conseil en stratégie PAC Conseil confirme que les entreprises britanniques font face sur la deuxième partie de 2021 à un besoin extraordinaire de changement et de transformation en raison de la combinaison de ces deux phénomènes que sont le Brexit et le Covid-19.

Lydik Grynfeltt, son fondateur, rappelle que la transformation de l'entreprise est définie comme une stratégie de gestion du changement destinée à faire évoluer l’entreprise, repenser la structure, le mode de fonctionnement et les pratiques professionnelles conformément aux objectifs, pour faire mieux et pour faire face à l'avenir.

Il pense qu’un nouveau type de transformation est en train de se développer au Royaume-Uni. Après la transformation digitale qui a poussé la concurrence depuis plusieurs décennies vers l’utilisation des technologies et des réseaux pour plus de croissance et développement de nouveaux produits, un second facteur majeur de transformation est venu s’ajouter : la prise en compte de l’ESG (Environnement, Social et Gouvernance).

Le troisième et nouveau type de transformation est, quant à lui, plus spécifique au Royaume-Uni avec ce clash Brexit-Covid sur l’année 2021. Il s’agit d’un besoin de changement plus organisationnel que les deux autres types qui pousse à la création de filiales dans des pays de l’UE, au morcellement des équipes des deux côtés de la Manche et qui entraîne des difficultés de mobilité des ressources humaines en raison des contraintes d’immigration notamment.

Pour Cédric Torossian de chez Pollenise, un spécialiste des levées de fond pour des startups Britanniques et Européennes, les nouvelles manières de travailler et de gérer les opérations qui vont naître de ces transformations sur le UK vont parfois être vues comme des obstacles, mais vont finalement créer des opportunités, notamment pour les entreprises de petite taille et les startups qui tireront profit de par leur vélocité et leur adaptabilité face aux grands groupes internationaux.

Il pense notamment que l’Union Européenne est en train de connaître le plus gros développement de start-ups jamais vu. Depuis 2012 de nouveaux avantages donnés aux investisseurs qui investissent dans des jeunes pousses britanniques (notamment dans le cadre du SEIS/EIS scheme) a fait exploser le nombre de “business angels” et par conséquent le nombre de start-ups.

Avec le Brexit et Covid les jeunes pousses britanniques, tout comme les entreprises plus établies, cherchent des opportunités et des relais de croissance sur le continent.

A l’inverse, les entreprises européennes se structurent pour être présentes sur le marché britannique qui, non seulement permet un accès incomparable au capital financier et aussi une plateforme remarquable pour se lancer internationalement - à commencer vers les pays anglo-saxons, mais aussi sur l’Inde qui offre une vraie alternative à la Chine, en tant que fournisseur et marché.

Pour maximiser les opportunités il est logique que les entreprises cherchent à compenser l'éloignement du Royaume-Uni avec le continent, surtout si elles doivent répondre en même temps à des mesures anti-pollution plus sévères (objectifs de 2030 et 2050) qui réduisent, notamment pour le Royaume-Uni, les échanges avec des pays plus lointains.

En conséquence,  Lydik Grynfeltt et Cédric Torossian, constatent que les rigidités engendrées sur les marchés européens et britanniques à la suite du Brexit et du Covid poussent à l'augmentation du nombre de structures bicéphales ou du moins implantées sur les deux territoires. De tels montages ne peuvent porter leurs fruits que si de nouvelles stratégies d'intégration, d'homogénéisation et de culture d’entreprise intégrant les nouvelles façons de travailler dans l'entreprise et à distance, sont mises en place.

L'accompagnement de cette transformation par des spécialistes est donc déterminant pour bon nombre d’entreprises britanniques, mais aussi une vraie opportunité pour les entreprises du continent, à commencer celle des pays voisins comme la France. Les organisations qui auront appris, dès le départ, comment diriger une structure présente sur les deux territoires alors qu’ils se séparent, auront un avantage unique dans leur potentiel de développement notamment à l' international.

Comme disait Nietzsches, ce qui ne tue pas renforce !

Publicité - Pour consulter le média sans publicité, soutenez-nous





Publicité