Publicité



OpenClaw : qu'est-ce que ce projet open source qui a séduit OpenAI et son créateur recruté à prix d'or ?

OpenClaw : qu'est-ce que ce projet open source qui a séduit OpenAI et son créateur recruté à prix d'or ?

En moins de soixante jours, un développeur autrichien solitaire a bâti depuis Vienne un agent IA personnel qui a atteint 198 000 étoiles sur GitHub, suscité l'intérêt de Microsoft, Meta et OpenAI, et déclenché une bataille de trademark avec Anthropic

Jérémie Raude-Leroy
Membres Public

Le 15 février 2026, Sam Altman a annoncé que Peter Steinberger, le créateur d'OpenClaw, rejoignait OpenAI pour piloter le développement de la prochaine génération d'agents personnels. Voici tout ce qu'il faut savoir sur ce phénomène.

Qu'est-ce qu'OpenClaw ?

OpenClaw est un projet open source qui permet à n'importe qui de créer son propre agent IA personnel. Concrètement, l'agent tourne directement sur votre machine — pas dans le cloud — et se connecte aux grandes applications de messagerie : WhatsApp, Telegram, Discord, et même iMessage. Il peut gérer vos emails, répondre à vos messages, prendre des rendez-vous, réserver des vols, contrôler votre domotique, ou encore naviguer sur le web à votre place.

Ce qui distingue OpenClaw des précédentes tentatives d'automatisation, c'est la combinaison en un seul outil de plusieurs capacités jusqu'alors isolées : accès aux outils, exécution de code dans un environnement sécurisé, mémoire persistante, compétences modulaires, et intégration native aux messageries. Les agents propulsés par OpenClaw peuvent interagir avec les interfaces graphiques — cliquer sur des boutons, remplir des formulaires, naviguer entre les applications — et s'adapter aux changements d'interface, contrairement aux outils d'automatisation classiques qui dépendent de scripts figés.

En moins de deux mois, les utilisateurs avaient créé 1,5 million d'agents via la plateforme. Un succès qui a pris de court même les observateurs les plus aguerris de l'industrie.

Qui est Peter Steinberger, son créateur ?

Peter Steinberger est un développeur autrichien d'une quarantaine d'années, basé à Vienne. Son nom n'était pas inconnu dans le monde du développement : il avait fondé PSPDFKit, un toolkit PDF embarqué utilisé par Apple, Dropbox et SAP. Bootstrapé pendant une décennie, le projet a levé 116 millions de dollars auprès du fonds Insight Partners en 2021. Après cette levée, Steinberger a progressivement réduit son implication dans l'entreprise, épuisé par des années d'efforts intenses.

En novembre 2025, de retour sur le devant de la scène après trois ans de recul, il a lancé un petit projet personnel : un relais WhatsApp qui lui permettait d'envoyer des instructions à une IA et d'obtenir des résultats concrets — vider sa boîte mail, réserver un restaurant, s'enregistrer pour un vol. Il a mis le code en open source sous le nom Clawdbot, et l'outil est rapidement devenu viral.

Clawdbot, MoltBot, OpenClaw : l'histoire des renommages

Le nom Clawdbot — un jeu de mots avec le prénom Claude, le modèle phare d'Anthropic — a rapidement posé problème. Anthropic a menacé d'engager des poursuites pour violation de marque. Steinberger a rebaptisé le projet MoltBot, en référence à la mue des crustacés. Puis, souhaitant un nom plus mémorable et institutionnel, il a opté pour OpenClaw, en vérifiant au préalable auprès de Sam Altman que le nom ne créerait pas de conflit avec la marque OpenAI. Altman a donné son feu vert.

L'ironie de l'histoire n'a pas échappé aux observateurs : OpenClaw était l'un des plus importants générateurs de trafic API payant pour Anthropic — la grande majorité des utilisateurs faisant tourner leurs agents sur le modèle Claude. L'action en justice d'Anthropic sur la marque a peut-être été le catalyseur qui a précipité Steinberger vers le camp du principal concurrent d'Anthropic.

Pourquoi OpenAI a-t-il recruté Steinberger ?

Steinberger n'a pas manqué de prétendants. Satya Nadella, PDG de Microsoft, l'a appelé directement. Mark Zuckerberg l'a contacté par WhatsApp. Meta et Microsoft ont tous deux formulé des offres concrètes. Finalement, c'est OpenAI qui a remporté la mise, en acceptant la condition non négociable de Steinberger : qu'OpenClaw reste open source et soit confié à une fondation indépendante.

Sam Altman a annoncé le recrutement le 15 février 2026 sur X : « Il est un génie avec beaucoup d'idées incroyables sur l'avenir d'agents très intelligents interagissant les uns avec les autres pour rendre de grands services aux gens. Nous pensons que cela deviendra rapidement au cœur de nos offres de produits. »

Il s'agit d'un acqui-hire — un recrutement de talent stratégique — et non d'une acquisition d'entreprise au sens strict. Les termes financiers de l'accord n'ont pas été divulgués publiquement. OpenAI s'est engagé à financer le projet et à consacrer le temps de Steinberger à son développement et à l'animation de la communauté.

Qu'advient-il d'OpenClaw ?

Le projet passe sous l'égide d'une fondation indépendante et reste open source. Cruciale pour la communauté de développeurs : la plateforme demeure agnostique en termes de modèles. Les utilisateurs peuvent continuer à utiliser Claude (Anthropic), GPT (OpenAI), DeepSeek, ou encore des modèles locaux via Ollama. OpenClaw ne devient pas un produit OpenAI fermé.

Steinberger a lui-même expliqué dans un billet de blog qu'il aurait pu transformer OpenClaw en une grande entreprise, mais que cette perspective ne l'enthousiasmait pas. Ce qui l'intéresse, c'est l'accélération technologique que lui offre OpenAI — notamment en termes de puissance de calcul — pour faire avancer sa vision d'agents personnels intelligents et interconnectés.

Pourquoi ce recrutement est-il si significatif ?

Au-delà de l'anecdote, le recrutement de Steinberger signale un changement de paradigme dans la course à l'IA. La compétition ne porte plus seulement sur les modèles de langage ou les interfaces conversationnelles, mais sur les agents autonomes capables d'agir dans le monde réel — naviguer sur le web, exécuter du code, interagir avec d'autres applications, et même communiquer avec d'autres agents.

La formule d'Altman est révélatrice : « L'avenir sera fortement multi-agents. » En intégrant le créateur d'OpenClaw, OpenAI ne rachète pas seulement un outil viral — il attire l'homme qui a peut-être mieux compris que quiconque comment rendre les agents IA réellement utiles au quotidien.

À lire aussi : L'horreur existentielle de « l'usine à trombones » : quand l'IA transforme le monde en trombonesGoogle et Apple acceptent de jouer plus fair-play au Royaume-Uni


Sources : TechCrunch, CNBC, Fortune, VentureBeat, Silicon Republic

Commentaires

- Règles de la communauté -

Publicité - Pour consulter le média sans publicité, inscrivez-vous





Publicité




Publicité - Pour consulter le média sans publicité, inscrivez-vous





Publicité