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A la rencontre de Redouane Bougheraba, humoriste français londonien

A la rencontre de Redouane Bougheraba, humoriste français londonien

De Marseille à Londres, en passant par Monaco, Dubaï et Calvi, Redouane Bougheraba fait rire un public toujours plus nombreux.

Liloïe Cazorla
Membres Public

Il y a quelques années, tu as quitté Marseille pour rejoindre la capitale britannique. Qu'est-ce qui a motivé cette aventure ?

J’étais venu faire un séjour linguistique à Londres quand j’avais 20 ans pour apprendre l’anglais et j’avais kiffé la ville. J'avais débarqué dans une auberge de jeunesse à Queensway, dans laquelle j'étais resté un mois, le temps d'obtenir tous les papiers d'insurance number, d'ouvrir mon compte en banque, trouver un logement. Quelques années plus tard, en 2012, ma femme et moi avons eu envie de partir vivre à l'étranger. Pour ma carrière, je ne pouvais pas trop m'éloigner de Paris, du coup Londres était comme une évidence. On y avait déjà vécu, on avait adoré, du coup nous sommes venus quelques fois en vacances faire du repérage et on a tenté notre chance. C'est comme ça qu'on a atterri à Clapham North.

Aujourd'hui, on a la chance de te voir sur les planches internationales. Quel a été le déclic à l'origine de ta carrière de comédien ?

J’avais pas mal d’amis artistes qui trouvaient que j'avais un talent comique et qui m’ont encouragé. Mais c’est une toute autre discipline de faire rire un public entier que de faire rire tes proches lors d'un diner. Du coup, j'ai énormément travaillé pour me former et pouvoir donner le meilleur de moi sur scène.

Comment t'es-tu lancé ?

J’ai écrit un texte qui m'a permis de faire la première partie de grand Corps Malade à Marseille. Ça s’était très bien passé et j'ai ensuite enchainé en assurant la première partie de mon frère, qui est également humoriste. Suite à ces expériences,  je suis monté à Paris et j’ai tenté ma chance. Au début, tu démarres avec des sketchs de cinq minutes qui ne sont ni aboutis, ni rythmés… Et puis tu apprends, sur le tas, au contact des autres artistes et de ton public. J'ai fait beaucoup de scène, et c'est ce qui m'a permis de m'améliorer.

La crise sanitaire actuelle impacte beaucoup les artistes. Qu'est-ce que cela a changé pour toi ?

J'ai eu énormément de chance parce que je suis un des rares à avoir pu continuer à jouer. Mon ami Gad Elmaleh jouait à Monaco et m'a proposé de le rejoindre sur scène, donc j'ai eu des dates pendant deux mois au Grimaldi Forum. Les règles dans la principauté n'étaient pas les mêmes qu'en France ou qu'en Angleterre, ce qui nous a permis de nous produire tous les week-ends. J'ai aussi eu la chance de jouer plus d'une douzaine de fois à Dubaï, puis à Barcelone, à Madrid, en Martinique... D'habitude, ce sont les gens qui viennent à nous, alors que cette fois-ci, nous sommes allés directement à la rencontre de notre public, et c'était vraiment super !

Le Brexit n'est pas en reste concernant les contraintes. Est-ce que les nouvelles restrictions aux frontières entravent ta carrière ?

C’est compliqué parce que c'est un mélange entre règles sanitaires et règles du Brexit. Pour le boulot, tout va bien, parce que j’ai mes contrats de travail, mon adresse de domiciliation à Londres. Ils voient que je me déplace pour motif professionnel donc je ne suis pas embêté. Là où ça se complique, c'est avec les tests et la quarantaine. Ça représente un budget conséquent et ça exige une organisation très précise pour les dates sur lesquelles je m'engage. Parce qu'à chaque fois que je rentre, je suis en lockdown à la maison pour dix jours. En plus, il n'y a qu'un ou deux trains Eurostar par jour, les prix s'envolent... C'est très contraignant, mais ça vaut le coup ! Ça me permet de participer à de super projets, comme le film Les Méchants avec Roman Frayssinet et Djimo qu'on présente au Festival de Cannes en juillet.

Des projets excitants pour cet été ?

Je serai en Corse pour le Calvi Comedy Festival du 28 au 30 juillet avec une programmation exceptionnelle : Gad Elmaleh, Maxime Gasteuil, Alban Ivanov, Roman Frayssinet, Camille Lellouche, Camille Lavabre, Zohra Hamiti, Djimo, Hakim Jemili, Samuel Bambi, Éric Fraticelli, Patrick Bosso, Titoff, Laurie Peret, Nick Mukoko ... Et je prépare également de belles surprises aux francophones londoniens que j'aurai grand plaisir à retrouver très bientôt au Ma Dame.

Tu connais maintenant Londres comme ta poche. Quelles sont les coups de cœur que tu souhaites partager avec nos lecteurs ?

Ce que j'aime tout particulièrement dans la capitale, ce sont les parcs : Hyde Park, Regents Park, ... Côté gastronomie, j'ai eu la chance de déguster la cuisine de Cyril Lignac au Bar des Prés, et c'était excellent. J'aime aussi beaucoup aller au Bagatelle ou prendre un bon burger au Shake Shak. Et quand j'ai envie de faire la fête, le Maddox est idéal, c'est classe, tenu par des Français et on s'y sent super bien.

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