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Sports de montagne, de vitesse, nautiques... entre loisir et danger, passion et dépassement
Quand l'extrême et la quête d'intensité deviennent la norme, même en vacances.
Les médailles des Jeux Olympiques de Milan Cortina, distribuées au coeur des Dolomites enneigées, ont pendant 15 jours intenses, exalté le monde du sport. Nous avons tous été éblouis par les exploits spectaculaires de prés de 3000 athlètes. Nous avons aussi été profondément marqués par les images dramatiques de la descente à ski de Lindsey Vonn et de son terrible accident à plus de 90 km/h sur une piste verglacée. A chaque Olympiade, à chaque tournoi, des records inédits de vitesse, d’endurance, de courage sont battus. Le “surpassement de soi”, est devenu la nouvelle norme - même pour nous, humbles "sportifs du dimanche". Pas besoin d'être un athlète de niveau olympique pour vouloir se surpasser.
Il semble en effet qu'aujourd'hui, en compétition mais aussi comme activité de loisir, les pratiques sportives "aventureuses" pour repousser nos téméraires limites ne sont plus réservées à des risque-tout intrépides, à une élite “décalée”. En France on compte plus de 100 000 licenciés d'escaladeurs, 20 000 pour le BMX. Beaucoup de jeunes, d'adultes et même de seniors partent à la conquête d’exploits contre le temps, contre les règles de la gravité, contre les limites physiologiques et psychologiques du corps… un peu comme une confrontation avec soi même, un défi personnel sans besoin de médiatisation. Ils sont en compétition avec eux-mêmes.



Passionnément, les nouvelles générations de sportifs, hommes ET femmes en toute parité, se jettent dans le vide, courent des marathons dans le désert, se lancent à l’assaut de sommets face nord et dos à la falaise ; ils domptent les océans, pédalent sur des dénivelés de plus de 8000 m positifs, exécutent des séries de cascades en surf entre deux tremplins de neige - parfois même à reculons, en équilibre sur une barre métallique ! Ainsi jusqu’en février dernier, moi je ne connaissais pas cette pratique du Slope Free Style.

Car en effet les adeptes d’activités innovantes -souvent hors normes- contribuent chaque année à créer de nouvelles disciplines et à imaginer de nouveaux défis sur terre, en mer et dans les airs !
“La vraie vie est ailleurs” disait Arthur Rimbaud
Dès la petite enfance, l’enfant cherche à se surpasser – en escaladant les barreaux du lit ! Le plaisir d’avoir réussi ce qui paraissait au-dessus de ses capacités, lui fait oublier la bosse sur le front et "booste" sa confiance pour recommencer et aller encore plus haut, encore plus loin !
Notre société actuelle hyper-sécurisée, hyper-encadrée, hyper-régulée ne nous confronte que rarement à des situations dangereuses. Petit à petit, l’aventurier en nous s’assoupit. Les JO, les vidéos de la Diagonale des Fous, du Vendée Globe, de BaseJump, de plongée sous glace … c’est comme un shoot d’adrénaline qui réveille tous nos sens. Mais il serait simpliste de réduire la motivation des pratiquants et des spectateurs de sports extrêmes à une simple recherche de dopamine et autres neurotransmetteurs associés au plaisir et à la récompense. Les raisons profondes impliquent un sentiment intense de liberté, une connexion profonde avec la nature, la sensation de s’épanouir bien plus que dans la vie de tous les jours ou au travail. Il s’agit de se sentir intensément vivant face aux éléments, à l’épuisement, à la faim, au froid, à la tentation d’abandonner.

La couverture médiatique croissante a aussi permis aux sports extrêmes de prendre le dessus sur l’esprit d’aventure de l’époque d'Ushuaïa. Elle voit dans le désir d’affronter le pire, une démonstration personnelle d’excellence, une détermination "virile", le cran d’avoir osé ce que personne n’avait osé auparavant, la gloire d’avoir été le premier à réussir le challenge, à gagner le meilleur. Mais la pression médiatique et le sponsoring sont eux-mêmes dangereux, incitant à une surenchère dans la prise de risque, souvent au détriment de la sécurité.
Ce désir d’aller au-delà du connu, d’affronter le danger, de tester sa résistance, de “s’éprouver”, est une vielle histoire. Les athlètes de la Grèce antique ne connaissaient pas les techniques du Big Air mais ils empoignaient les taureaux par les cornes pour effectuer des sauts acrobatiques ! Ce qui est nouveau, c’est sa configuration moderne et son formidable impacte sur nos différentes formes de loisirs sportifs et touristiques.

Ainsi le saut en parachute ou à l’élastique depuis des ponts vertigineux sont devenus “des classiques” !
Chacun choisit ses propres extrêmes. Mais certains surestiment leurs compétences, partent pour des courses difficiles sans équipement ou avec des enfants. Il est essentiel de calculer les risques, de bien maîtriser les techniques, et de s’entrainer rigoureusement.
Danser avec le danger quel qu'il soit, c’est essayer de transformer la peur en jouissance ; c’est aussi apprendre l’humilité.
