Anne Pflimlin, directrice de Mediaschool London :  « Transmettre est une noble mission »

Anne Pflimlin, directrice de Mediaschool London : « Transmettre est une noble mission »

Rencontre avec Anne Pflimlin, co-fondatrice du Groupe MediaSchool et Directrice de MediaSchool à Londres

Maxime Le Nail
Maxime Le Nail

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Les chemins du journalisme...

Anne Pflimlin débute sa carrière alors qu’elle est encore étudiante à l’Ecole Supérieure de Journalisme en France et obtient un stage à l’Agence France Presse : « C’est la découverte de la réalité du métier de journaliste lors de ce premier travail qui a été une révélation, plus encore que mes études. Écrire pour une grande agence de presse, c'est un style qui se doit d’être neutre, c’est donc tout un art de faire pencher la balance avec objectivité ».

Elle plaide aujourd’hui pour un journalisme qui aborderait l’information par l’espoir et par les avancées réelles de nos sociétés sans misérabilisme : « La tentation de faire du sensationnel existait bien avant les réseaux sociaux. Avoir des convictions, c’est bien, il faut néanmoins garder un plein éclairage sur les aspects contradictoires de chaque cas. Aujourd’hui comme avant, on cherche l’info qui fera recette, des clients à interviewer selon les réponses à collecter. Notre presse a une responsabilité dans la déprime ambiante alors qu’elle a une mission, celle d’informer en invitant à la réflexion. »

Dans le même temps, Anne travaillait pour une radio libre dans laquelle on lui demandait d’être particulièrement incisive lors d’interviews avec des personnalités telles que Jean d’Ormesson ou Michèle Morgan : « C’était le début des interviews désagréables. Je suis face à des gens qui ont des carrières exceptionnelles et on me demande, à 20 ans, de les pousser dans leurs retranchements, alors que l’on peut totalement conduire une interview captivante sans être désagréable. Ce pouvoir incroyable devrait inspirer de l’humilité à tout jeune journaliste alors que beaucoup se sentent investis d’une mission ou deviennent simplement arrogants. »

Qui mènent à l'enseignement...



C’est en Belgique où elle continue sa carrière de journaliste, animatrice et productrice dans l’audiovisuel qu’on va lui demander si elle souhaite enseigner son expertise de la communication et des médias : « Il y a trois grands moments dans la vie. Le premier où vous apprenez, le second où vous maîtrisez votre sujet, votre métier, et le troisième, c’est la transmission. J’ai une vie épanouissante et professionnellement enthousiasmante et j’ai pu faire pas mal de choses différentes et, un jour, on m’a demandé de transmettre à des plus jeunes. J’ai donc commencé à enseigner la communication notamment liée à l’audiovisuel, cela m’a plu, et je crois avoir été efficace dans ces domaines. Œuvrer dans l’éducation, outre celle de mes enfants, me semblait être une noble mission avec une réelle utilité dans laquelle m’investir. »

Vont alors suivre quelques années ou Anne se familiarise avec tous les métiers de la communication et leur enseignement : les relations presse, publiques et politiques, le marketing, la publicité, l’évènementiel, la communication digitale… Elle décide d’investir dans cette première école bruxelloise, en fonde 3 autres, à Toulouse, Strasbourg et Barcelone, s’associe et participe au rachat de deux écoles à Paris qui donneront naissance au groupe MediaSchool. Elle est à ce jour l’une des fondatrices, associée et dirigeante, du groupe qui regroupe une trentaine d’écoles dans 15 villes et elle s’occupe essentiellement du développement international et, tout particulièrement depuis 2011, de la branche MediaSchool à Londres où elle a choisi d’habiter.



« Pas de fastidieuse étude de marché pour ouvrir ou créer une nouvelle école mais simplement l’écoute attentive des étudiants. Ils étaient nombreux à vouloir voyager ou partir étudier à l’étranger et surtout désireux d’améliorer leur anglais et leur compréhension du monde anglosaxon. Les États-Unis ne semblaient plus aussi attrayants à leurs yeux et les deux destinations anglophones qui les intéressaient étaient l’Australie lointaine et le Royaume-Uni. Notre installation à Londres correspond à une période faste pour la Grande Bretagne ; c’était l’engouement total pour le mariage de William & Kate, les Jeux Olympiques, le Diamond Jubilee de la Reine, et le début de cette magnifique campagne GREAT Britain qui démontrerait tout ce qui était passionnant au Royaume-Uni, alliant tradition et héritage à l'innovation et à la créativité, le pays avait le vent en poupe, on était alors loin de penser au Brexit. »

Anne Pflimlin avec certains de ses étudiants 

Mediaschool London en 2021

MediaSchool London est un établissement qui remplit sa mission et semble très attractif aujourd’hui et ce grâce aux trois filières proposées : « Vous trouverez à MediaSchool London un enseignement dynamique en anglais, de tous les métiers de la communication avec l’European Communication School, du journalisme multimédia avec l’Institut Européen de Journalisme et du marketing du luxe avec Paris School of Luxury. L’idée de cette dernière école dédiée au monde du luxe est également née de l’écoute de nos étudiants en quête d’une spécialisation dans ce domaine à forte embauche. J’avais dans un premier temps créé une quatrième année de spécialisation internationale à travers 3 pays et leurs spécificités dans le luxe qui reçut un accueil justifiant à nos yeux la naissance de PSL. »

MediaSchool London garde un nombre restreint d’étudiants de maximum 25 par classe, car les cours sont tutorés et l’enseignement est donné uniquement en anglais par des enseignants tous professionnels de la communication, du marketing ou du journalisme : « Nous avons toujours été à la recherche d’un cadre réellement professionnalisant et, après deux partenariats nous établissant au sein de grandes universités londoniennes, nos locaux sont à présent dans le bâtiment d’Havas HKX ; nous atteignons ainsi la synergie voulue entre le cadre qui est très agréable, performant et parfaitement situé et l’ambiance professionnelle, la créativité d’une grande entreprise employant les professionnels que nous formons. »


L’année à Londres se déroule en deux semestres dans la continuité des programmes des écoles MediaSchool du Continent mais il est ouvert à tous ceux venant d’autres écoles ou universités sur présentation d’un dossier et d’un examen. « L’ambiance est familiale et occasionnellement festive et l’année se termine par le Festival ICAN. Durant cet événement, les travaux des étudiants, campagnes, brand videos, publicités, reportages, interviews, photos sont présentés et récompensés. » La chance des étudiants semble également de pouvoir utiliser Londres comme un outil de découverte : « Notre premier outil reste la ville de Londres dont nous utilisons les différentes facettes et cultures. L’objectif est bien sûr de lier l’enseignement académique à la mise en pratique et de faire travailler nos jeunes pros tout en leur faisant découvrir Londres, en reportage, en sortie, dans ses musées, gratuits pour la plupart, par le grand spectacle qu’offre la ville… et d’ailleurs les étudiants se chargent bien eux-mêmes, entre amis, d’en profiter, vous vous en doutez. »


Des étudiants au centre de l’attention


S’il y a une volonté de professionnalisation des étudiants, l’objectif est aussi de les faire avancer dans la vie et de développer leurs envies notamment face au monde de l’entreprise : « On sait que beaucoup de nos étudiants arrivent le plus souvent en sachant ce qu’ils ne veulent pas faire, mais pas forcément vers quoi ils veulent se tourner, alors, si à la fin de l’année ils repartent avec de l’enthousiasme, en sachant vers quel travail ils s’orientent, dans quel domaine professionnel ils peuvent s’épanouir, nous n’avons pas perdu notre temps. Nous faisons le job en leur donnant les moyens : techniques métiers, expertise digitale, connaissance et pratique de l’anglais, éthique et dimension internationale. On n’est rien d’autre que des rampes de lancement et ce sont nos étudiants les fusées. »

Bien évidemment, pour arriver à ce résultat, avec une majorité d’étudiants francophones, l’immersion dans la capitale et dans la culture anglaise doit être totale. Mais tout de même, Anne Pflimlin tient à souligner compter sur le dynamisme de la communauté francophone à Londres. « Nous interagissons beaucoup avec l’excellent Institut Français et avec les médias francophones comme le vôtre, qui remplissent la nécessaire mission d’identité, de solidarité, d’information et de diffusion culturelle »

Voici donc une confrontation des cultures réussie pour ces jeunes qui se déplacent hors EU afin de trouver au Royaume-Uni la langue, les méthodes et la créativité relayées par l’enseignement de qualité de MediaSchool London.


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