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Ca plane pour le "cannabidiol"

Drogue light ? Substance "anti-stress" ? Produit à usage médical ? Depuis plusieurs mois déjà, la commercialisation du cannabidiol, (extrait de la plante de cannabis et plus connu sous le sigle CBD ) fleurit dans les rayons alimentaires et cosmétiques

Francine Joyce
Membres Public

Focus sur un phénomène partiellement légal et peu règlementé qui marquera 2022 et les années suivantes.

CBD… trois lettres pour nommer une petite molécule qui monte qui monte pour se retrouver dans des produits aussi différents qu'infusions, chewing-gums, chocolats, barbe-à-papa, sucettes, cookies, boissons pétillantes, dentifrices, savons, crèmes… et même certaines saucisses marseillaises.

La créativité de ce marché à l'image subversive parait sans limites.

Alors info ? ou intox ?

Depuis les confinements liés à la crise Covid, les produits dérivés à base de cannabidiol et notamment les cosmétiques - baumes, huiles, rouges à lèvres, mascaras - connaissent un boom sur les marchés français et britanniques… bien souvent sur internet, mais aussi dans de petites boutiques discrètes « juste ce qu’il faut ».  La très reconnaissable feuille à sept branches sur les packagings, est la promesse d’une alternative plus récréative que certains médicaments ou compléments alimentaires aux effets secondaires incertains.

Issu de la fleur de chanvre, le cannabidiol – cannabis sativa en langage botanique – séduit aujourd’hui jeunes et séniors par ses allégations de bien-être. Il lutterait contre les insomnies, le stress ou encore la douleur. Promesses aux tonalités magiques au sortir d’une pandémie qui a exacerbé anxiété, difficultés d’endormissement, courbatures, troubles digestifs et psychologiques… des petits maux du quotidien, mais aussi des pathologies lourdes du système nerveux central comme Parkinson ou la sclérose en plaques. Le cannabidiol est aussi utilisé dans le traitement de la douleur en phase finale de certains cancers.

Les consommateurs apprécient l’origine naturelle , « bio », végan, sans gluten… de ce dérivé végétal aux présentations originales et variées.

Le cannabidiol se démarque de sa cousine THC, molécule active du cannabis et principale composante des « joints », de la marijuana, beuh, haschich et autres      « pétards ».

En promettant de vous soulager et de vous apaiser sans vous rendre dépendant ni embrumer votre cerveau, le cannabidiol a déjà séduit 7 millions de français (donc 10% d’entre nous). Avec une estimation des ventes dans l’hexagone de 300 M d’euros en 2021, les financiers estiment que la croissance de ce marché augmentera de 21% d’ici 2028. Une plante star devenue un immense business à l’échelle mondiale. Aux États-Unis, en un an, les ventes de chanvre ont augmenté de 67 %. L'industrie vaut plus de 61 milliards de dollars. L’engouement pour ces produits apparemment non psychotropes et non addictifs est tel, qu’Olivier Véran, ministre des Solidarités et de la ­Santé, a donné son feu vert pour développer la recherche dès mars 2022 sur le cannabis à des fins médicales. Résultats attendus d'ici à 2024.

Comme de nombreux pays, la France souhaite aujourd’hui contrôler les transactions illégales du marché noir ; mais en l'absence de preuves scientifiques montrant que le CBD n'est pas susceptible de créer une dépendance (contrairement à d'autres cannabinoïdes), il n’existe pas de réglementation bien établie.

À l'état pur, le CBD ne semble pas présenter de danger pour la santé, mais comme le cannabidiol reste longtemps dans le système, des effets secondaires tardifs plus ou moins prononcés - tels que nausées et accès d’anxiété de type paranoïaques – apparaissent souvent 24h après la prise de ces produits. De nombreux patients ont décrit des sensations d’angoisse, l’impression d’une agressivité environnante menaçante le lendemain d’une prise d’huile de CBD. Ces effets sont particulièrement difficiles à gérer chez les adolescents.

À ceci, peut aussi s’associer des interactions médicamenteuses potentiellement délétères en cas de prises d’anti-dépresseurs ou de traitements contre les troubles de l’attention type ADHD.

L’effet relaxant peut aussi conduire à une démotivation générale et donc à une possible addiction. Actuellement médecins et psychiatres conseillent la prudence dans l’utilisation de ces produits dont les effets « à retardement » sont déjà apparents et peu documentés.

Aujourd'hui seule est légale en Europe, la commercialisation des cosmétiques (crèmes, sérums, baumes, lubrifiants) contenant des extraits de CBD sans trace de THC.

Pour « planner », moi, comme Plastic Bertrand, je préfère les Corn Flakes !

La bonne humeur, c’est le meilleur des stupéfiants !

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