Publicité



Cancer de la prostate : le dépistage sauve des vies

Cancer de la prostate : le dépistage sauve des vies

Une étude majeure portant sur 800 000 hommes confirme que le dépistage du cancer de la prostate réduit la mortalité. Ce que cela change pour les hommes au Royaume-Uni.

Jérémie Raude-Leroy
Membres Public

En bref

  • Une revue de six essais cliniques portant sur près de 800 000 hommes, relayée par The Guardian le 15 mai 2026, confirme que le dépistage du cancer de la prostate réduit la mortalité.
  • Le bénéfice est réel mais mesuré : 2 décès évités pour 1 000 hommes dépistés, soit 500 hommes à dépister pour sauver une vie.
  • Le cancer de la prostate est le cancer le plus fréquent chez les hommes au Royaume-Uni, avec plus de 64 000 cas diagnostiqués en 2022 — mais aucun programme national de dépistage n'existe à ce jour via le NHS.
  • Les hommes de 50 ans et plus peuvent néanmoins demander un test PSA gratuitement à leur médecin généraliste (GP) dans le cadre du Prostate Cancer Risk Management Programme.

Une étude scientifique majeure publiée ce 15 mai 2026 et relayée par The Guardian vient de confirmer ce que de nombreux spécialistes défendaient depuis des années : le dépistage précoce du cancer de la prostate sauve des vies. Portant sur près de 800 000 hommes répartis dans six essais cliniques, cette revue apporte des données solides qui relancent avec force le débat sur l'instauration d'un programme national de dépistage au Royaume-Uni — un pays où le cancer de la prostate est pourtant le cancer masculin le plus répandu.

L'étude en détail : que révèlent les données ?

La revue, dont les résultats ont été relayés par The Guardian, a analysé six grands essais cliniques randomisés impliquant au total près de 800 000 hommes. L'outil au cœur de ces essais est le test PSA (antigène prostatique spécifique), une prise de sang qui mesure le taux d'une protéine produite par la prostate et dont une élévation anormale peut signaler la présence d'un cancer. Le suivi des participants s'est étalé sur plusieurs années, avec des résultats particulièrement probants sur le long terme : c'est notamment l'essai européen ERSPC (European Randomized Study of Screening for Prostate Cancer), qui a suivi des hommes pendant 23 ans, qui a fourni les données les plus significatives.

Le résultat central de cette revue est le suivant : le dépistage par PSA réduit la mortalité liée au cancer de la prostate de deux décès pour 1 000 hommes dépistés, ce qui signifie concrètement qu'il faut dépister 500 hommes pour éviter un décès. The Guardian qualifie ce bénéfice d'« absolu mais faible » (absolute benefit is small). Les chercheurs eux-mêmes insistent sur cette nuance : si le bénéfice est statistiquement significatif, il s'accompagne d'un risque non négligeable de surdiagnostic et de surtraitement. Autrement dit, certains hommes pourraient être traités — avec les effets secondaires que cela implique (incontinence, dysfonction érectile) — pour un cancer qui n'aurait jamais évolué de façon agressive au cours de leur vie. C'est précisément cette tension entre bénéfice et risque qui complexifie la décision de santé publique.

À titre de comparaison, le débat existe également dans d'autres pays : en Suisse, les autorités sanitaires ont longtemps estimé que le dépistage ratait sa cible, faute de preuves suffisantes sur la réduction de la mortalité globale. Cette nouvelle revue pourrait changer la donne dans plusieurs pays européens.

Pourquoi ce sujet est crucial pour les hommes au Royaume-Uni

Envie de lire la suite ?

Abonnez-vous, £5 par mois ou £50 par an pour accéder aux articles Prémium et bénéficier d'avantages exclusif !


Je m'abonne
Vous avez déjà un compte? Se connecter

Publicité - Pour consulter le média sans publicité, inscrivez-vous





Publicité




Publicité - Pour consulter le média sans publicité, inscrivez-vous





Publicité