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Journée du Parapluie FLAM : le réseau des Petites Écoles françaises réuni à l'Institut français
Dimanche 17 mai, sous les hauts plafonds de l'Institut français de Londres, une soixantaine de bénévoles venus de tout le Royaume-Uni ont consacré leur dimanche à une cause aussi discrète qu'essentielle : transmettre le français aux enfants francophones qui grandissent loin de l'Hexagone.
C'était la Journée du Parapluie FLAM, le rendez-vous qui réunit deux fois par an la fédération et ses Petites Écoles.
Qu'est-ce qu'une Petite École FLAM ?
Derrière l'acronyme FLAM — pour Français LAngue Maternelle — se cache un réseau associatif méconnu mais d'une grande vitalité. Le plus souvent le samedi matin, parfois le mercredi, des écoles tenues par des bénévoles accueillent des enfants bilingues francophones pour des cours de français et des activités culturelles, en marge du système scolaire britannique. Une parenthèse hebdomadaire pour entretenir la langue, la culture… et le lien.
Le Parapluie FLAM est la fédération qui chapeaute ces structures au Royaume-Uni. Association caritative créée il y a une dizaine d'années, elle met en réseau les Petites Écoles, mutualise les ressources et apporte un appui pédagogique, administratif et juridique aux équipes de terrain. Aujourd'hui, ce sont près de 5 500 enfants qui bénéficient du réseau FLAM à travers le pays.
Une journée d'ateliers et de partage
De 9h30 à 17h, le programme a alterné bilans, formations et ateliers au choix. La matinée a débuté par un point sur l'année scolaire 2025-2026 et la présentation de « Planète FLAM », le nouveau site internet et l'Espace d'Échange de la fédération. Anne-Lise Gallay, attachée de coopération pour l'enseignement français et observatrice au Parapluie FLAM, a apporté le mot de l'Institut français, tandis que l'association En Famille International tenait un stand dans la bibliothèque.
Les participants ont ensuite circulé entre des ateliers très concrets : outils de gestion des inscriptions et de la comptabilité, présentation de la plateforme pédagogique Savio.fr, accompagnement des équipes face à l'hétérogénéité des classes et aux enfants à besoins particuliers, ou encore stratégies de communication et de marketing pour attirer les familles et les sponsors — un atelier animé par moi-même, vous retrouverez la démo de l'école des bouts de choux ici -> https://demo.abstract27.com/
L'après-midi a fait la part belle à la créativité, avec des séances dédiées à la comédie musicale, au club théâtre et au fundraising, ainsi qu'une formation des directions sur la gestion des conversations difficiles.
« Vous êtes chez vous »
Représentant l'Institut français, Gilles Morelatto, directeur adjoint du service culturel de l'ambassade, a tenu à renverser les remerciements :
« C'est nous qui vous remercions d'avoir fait l'effort de venir ici. Vous donnez une superbe image de la France et du français. Vous êtes autant d'ambassadrices et d'ambassadeurs dans ce pays. Et ici, vous êtes chez vous : vous êtes entourés de l'une des plus belles collections de livres en français hors de France. »
Les élus des Français de l'étranger au rendez-vous
Moment fort de la journée : autour d'un café-dessert, plusieurs élus des Français de l'étranger sont venus saluer le travail des écoles. À quelques jours des élections des conseillers des Français de l'étranger, fin mai, les organisateurs ont rappelé le devoir de neutralité politique du lieu et du Parapluie FLAM, et veillé à un strict partage du temps de parole — trois minutes trente par intervenant, chronomètre à l'appui.
Le sénateur Olivier Cadic a rappelé la genèse du réseau : « Le plan école s'est créé en 2008. On a décidé de mettre en réseau les associations FLAM pour éviter que chaque initiative ait à réinventer la roue. Ça a tellement bien marché qu'on est passé de douze à quarante-cinq en l'espace de cinq ans. » Il a évoqué les perspectives ouvertes par le programme Erasmus+ à l'horizon 2027 pour la mobilité des enseignants, ainsi que l'idée d'un dispositif d'aide financière pour les familles.
La présidente du conseil consulaire Patricia Connell a souligné un enjeu récurrent du réseau : « La passation va être un grand sujet. » Après avoir visité de nombreuses écoles, elle a salué leur rôle social : « C'est grâce à vous que les Français se retrouvent et partagent des liens d'amitié, de la culture et, bien sûr, le français. »
Le conseiller Samy AHMAR a insisté sur le moteur de ces structures : « On ne crée pas une école FLAM sans passion. FLAM est une excellente structure pour garder un lien social, culturel et affectif avec la langue française. »
Le conseiller Rémi Vazeille a livré trois constats tirés de ses visites à Birmingham, Cambridge et Bristol : une demande très forte, avec des listes d'attente faute de places ; des bénévoles passionnés mais alourdis par une charge administrative qu'une simplification soulagerait ; et le rôle des FLAM comme « véritable service public de proximité », où les parents tissent des liens et la communauté française se maintient.
Un réseau à un tournant
Au fil des prises de parole, plusieurs lignes de force se sont dessinées : la transmission des écoles à de nouvelles équipes, alors que des directrices arrivent au bout d'un engagement quasi à plein temps ; l'allègement de la charge administrative ; et la reconnaissance officielle de la mission de service public que remplissent ces associations. Autant de chantiers qui dépassent le simple cadre d'une journée à l'Institut français.
Mais l'essentiel s'est joué ailleurs : dans l'énergie d'une soixantaine de bénévoles, en grande majorité des femmes, qui font vivre, samedi après samedi, le français des enfants du Royaume-Uni. Une mission de l'ombre, célébrée le temps d'un dimanche.
Pour en savoir plus sur le réseau et trouver une Petite École FLAM près de chez vous : parapluieflam.org.