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Réseaux sociaux : une loi pour interdire les moins de 16 ans ?
Au Royaume-Uni, médecins et associations de parents exigent une loi interdisant les réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Où en est le débat britannique et européen ?
En bref
- Des associations de médecins britanniques comparent les réseaux sociaux au tabac en termes de risques pour la santé des jeunes, et réclament une loi contraignante interdisant l'accès aux moins de 16 ans.
- Le Online Safety Act, en vigueur progressivement depuis octobre 2023, n'impose pas d'âge minimum légal : il oblige seulement les plateformes à appliquer leurs propres règles et à vérifier l'âge de leurs utilisateurs.
- L'Australie a montré la voie en adoptant, le 29 novembre 2024, une interdiction formelle des réseaux sociaux pour les moins de 16 ans. Plusieurs pays européens s'inspirent de ce modèle.
- Pour les familles francophones installées au Royaume-Uni, la question se pose à double titre : quelle loi s'applique à leurs enfants, et comment gérer concrètement l'exposition aux plateformes en l'absence d'une législation claire ?
Au Royaume-Uni, la pression monte. Des médecins de haut rang et des groupes de parents s'unissent pour exiger du gouvernement une législation contraignante limitant l'accès aux réseaux sociaux aux moins de 16 ans. Alors que plusieurs pays ont déjà franchi le pas — dont l'Australie et, dans une certaine mesure, la France — le Royaume-Uni tâtonne encore entre consultation publique et mesures volontaires. Un débat qui touche directement les familles francophones établies en Grande-Bretagne.
Médecins et familles : un appel commun au gouvernement britannique
L'Academy of Medical Royal Colleges, qui représente les médecins les plus haut gradés du Royaume-Uni, a franchi un cap en soumettant une contribution à la consultation gouvernementale sur l'usage des réseaux sociaux par les moins de 16 ans. Selon la BBC, ces médecins affirment que les réseaux sociaux constituent un risque pour la santé des jeunes comparable à celui du tabac — une formulation volontairement choc pour alerter les pouvoirs publics. Ils recommandent notamment que les professionnels de santé interrogent systématiquement leurs jeunes patients sur leur temps d'écran et leur usage des plateformes sociales lors des consultations.
Des groupes de parents rejoignent cet appel, pointant des effets documentés sur la santé mentale des adolescents : anxiété, dépression, troubles du sommeil, exposition à des contenus violents ou à caractère sexuel. Ces préoccupations ont d'ailleurs été portées jusqu'à la Chambre des Lords, où un vote en faveur d'une interdiction pour les moins de 16 ans avait créé une vive pression sur le gouvernement de Keir Starmer, comme nous le rappelions dans notre article sur le vote des Lords et la position de Starmer. La Secrétaire d'État au numérique, Liz Kendall, a toutefois annoncé que de nouvelles mesures seraient introduites d'ici la fin de l'année 2026, à l'issue de la consultation en cours depuis mars.
Ce que dit la loi au Royaume-Uni aujourd'hui
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