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Summer Exhibition : les tendances de l’art contemporain en 2026
Summer Exhibition 2026 à la Royal Academy de Londres - Photo F. Joyce

Summer Exhibition : les tendances de l’art contemporain en 2026

La Summer Exhibition de la Royal Academy de Londres est de retour pour sa 258e édition

Francine Joyce
Membres Public

Chaque été depuis 1769, la Royal Academy of Arts de Londres perpétue une tradition unique au monde : celle d'exposer, côte à côte, des artistes confirmés, des étudiants en beaux-arts et des amateurs passionnés.

Il n’existe aucun équivalent dans le monde. La Summer Exhibition est la plus ancienne exposition à soumission libre au monde. N'importe qui peut soumettre une œuvre pour être pris en considération. Depuis 3 siècles, l'un de ses principes fondateurs est de financer la formation de jeunes artistes dans les Royal Academy Schools.

Chaque année, c'est un membre différent de la Royal Academy qui organise l'événement — un rôle à la fois artistique et logistique, qui consiste à sélectionner parmi des milliers de candidatures, les œuvres qui seront suspendues sur les cimaises des salles de Burlington House.

Pour cette édition 2026, c'est le sculpteur et plasticien Ryan Gander, Académicien royal basé dans le Suffolk, qui a été désigné pour être coordinateur.

photo F. Joyce

Fervent défenseur de “la malice créatrice”, il a choisi comme thème pour l’édition 2026  l'« Interconnectedness » — l'interconnexion. Son ambition est d'explorer les idées d'enchevêtrement, de connexions inattendues et fortuites entre des choses disparates, aussi abstraites ou illogiques soient-elles. Il entend montrer que "nos créations humaines ont davantage en commun qu'elles ne nous séparent, sans que nous le cherchions délibérément".

Son approche consiste à mélanger tous les médiums artistiques sans discrimination. Architecture, estampes, peintures et sculptures sont ainsi disposés tout au long de l'exposition pour créer des dialogues entre elles sans être confinées dans des espaces distincts. Une manière de rappeler, selon ses propres mots, que “les grandes œuvres sont d'abord cognitives avant d'être rétiniennes”.

La beauté de la Summer Exhibition réside dans la variété des oeuvres.

Les sélectionneurs choisissent parmi des milliers de soumissions, si bien que les petites sculptures sur bois d'un artiste amateur peuvent se retrouver accrochées aux côtés d'œuvres de Tracey Emin, Grayson Perry ou Yinka Shonibare. Ryan Gander lui-même confie que son téléphone “est rempli de photos de chats, d'œufs, de bus, de hiboux, de voitures de course, de mercerie. C'est bien de voir à quel point les gens sont étranges. Quand on voit l'art de près de 20 000 personnes, toutes avec des intérêts si follement idio-syncratiques, ça me fait penser que : wow, c'est mieux que les réseaux sociaux !»

La Summer Exhibition est aussi une formidable occasion de repérer les futures grands noms du monde de l'art — tout en ayant la garantie de croiser quelques grands artistes déjà reconnus.

Gander n'est pas seul dans l’aventure. Un comité de membres de la Royal Academy l'accompagne, chacun étant responsable de sa propre salle : Eileen Cooper, Michael Craig-Martin, Oona Grimes, Katherine Jones, Goshka Macuga, Humphrey Ocean et Peter St John - qui sont présidés par Rebecca Salter.

Gander tient à souligner la dimension pédagogique et sociale forte de cette édition avec des centaines d'œuvres, pour tous les goûts.

L'exposition est monumentale dans son envergure. Des miniatures peintes, des toiles de très grand format, des maquettes architecturales, des photographies, des dessins, peintures, sculptures, films et art numérique … Il y en a littéralement pour tous les goûts — et pour tous les budgets, car la grande majorité des œuvres sont à la vente. Les bénéfices soutiendront directement les artistes exposés ainsi que les activités caritatives de la Royal Academy - notamment la formation de la prochaine génération d'artistes dans les Royal Academy Schools.

En exposant une simple bouteille d'eau minérale en plastique à 10 000 £ ou une roue de voiture au pneu crevé, l'exposition s'inscrit dans une longue tradition de provocation conceptuelle héritée de Marcel Duchamp et de ses fameux « readymades » — ces objets du quotidien élevés au rang d'œuvre d'art par le seul geste de l'artiste qui les désigne comme tels.

L’inévitable question “qu'est-ce qui fait la valeur d'une œuvre ?” résonne ainsi ici avec force. La bouteille en plastique et le pneu crevé établissent un lien inattendu entre l'art et le monde ordinaire. Mais comment estimer leur valeur ? Venez voir sur place pour partager votre réponse.

La Summer Exhibition 2026 est ouverte au public jusqu’au 23 août 2026 à la Royal Academy of Arts, Piccadilly, Londres. L'entrée est payante, mais la promenade à travers ces salles bourdonnantes d'énergie créatrice vaut largement le détour.

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