Publicité
Ces colocs qu’on n’a pas choisis : nos émotions au quotidien
Les émotions nous sont familières à tous, et pourtant souvent si étrangères. Elles viennent colorer nos journées, pour le meilleur et pour le pire, comme dans une union que nous n’avons pas choisie et dont on se passerait parfois bien.
Elles s’invitent dans notre quotidien : au travail, dans nos relations sociales et dans nos décisions, même les plus anodines.
Le cœur qui s’emballe avant une réunion.
La gorge qui se serre au détour d’une remarque.
La chaleur qui monte au visage sans prévenir.
Elles surgissent sans prévenir, influencent nos réactions, orientent nos choix, parfois à notre insu.
Mais au fond, savons-nous vraiment ce que sont ces réactions qui nous traversent ?
Avons-nous déjà pris le temps de comprendre ce qu’elles cherchent à nous dire, et l’impact qu’elles ont sur notre vie psychique ?
Souvent subies, parfois redoutées, les émotions ne sont pas un caprice de notre personnalité mais bien au cœur de notre fonctionnement humain.
Les émotions quésako ?
On pense souvent que nos émotions sont perturbantes, qu’on ferait mieux sans, qu’il est préférable de les contrôler, voire de les ignorer. Certains même s’acharnent à les faire disparaître.
Or les émotions ne sont pas un problème : elles sont un système d’information remarquablement sophistiqué.
Une émotion est une réaction automatique et globale face à une situation.
Elle intervient simultanément à trois niveaux :
- le corps avec des sensations physiques (accélération du rythme cardiaque, tension musculaire, respiration modifiée).
- le cerveau qui évalue en une fraction de seconde : danger ? perte ? opportunité ? injustice ?
- l’élan à agir, cette impulsion qui nous pousse à fuir, attaquer, nous protéger ou encore nous rapprocher.
Une émotion est tellement rapide qu’elle survient avant même qu’on ne comprenne ce qui se passe. On ressent d’abord, on élabore après.
Les messages des émotions
Chaque émotion vient nous informer de la façon dont on vit une situation, et chacune a une fonction :
La peur nous alerte d’un danger, réel ou perçu. Elle mobilise le corps pour nous protéger et nous pousse à retrouver, ou chercher, la sécurité.
La colère monte lorsque nos limites ne sont pas respectées. Elle nous donne l’énergie nécessaire pour nous repositionner et rétablir notre équilibre, le respect ou la justice.
Le dégoût nous indique que nos valeurs sont affectées. Il nous pousse à nous éloigner de ce qui nous semble toxique ou inacceptable.
La tristesse se manifeste face à une perte ou à une situation qui nous semble ingérable. Elle favorise un repli temporaire pour intégrer la perte, ralentir le rythme, récupérer et solliciter du soutien.
La joie, elle, signale qu’un besoin est satisfait, qu’une situation est juste pour nous. Elle nous encourage à reproduire l’expérience et à partager.
Autrement dit : les émotions ne sont pas contre nous. Elles sont là pour nous maintenir en vie et nous aider à nous adapter.
Et pourquoi notre corps réagit-il ?
Une émotion n’est pas juste « dans la tête , c’est aussi une réaction biologique.
Lorsque notre cerveau identifie une situation significative, l’amygdale s’active (une structure en forme d'amande dans le cerveau qui agit comme le centre principal de traitement des émotions). Elle déclenche alors le système nerveux autonome, celui qui régule notre respiration, notre rythme cardiaque ou notre digestion.
En cas de menace, le système nerveux sympathique s’active : le cœur s’accélère, la respiration devient plus rapide, les muscles se tendent. Le corps se prépare à agir.
Des hormones comme l’adrénaline et le cortisol sont libérées. Elles augmentent la vigilance, mobilisent l’énergie, affûtent les réflexes.
À l’inverse, dans des émotions de sécurité ou de lien, d’autres messagers chimiques entrent en jeu : la dopamine (motivation), la sérotonine (régulation de l’humeur) et l’ocytocine (attachement).
C’est donc notre corps entier qui réagit. Et c’est aussi pour cela qu’une émotion peut donner l’impression d’être submergé : elle mobilise simultanément le cerveau, les hormones, le système nerveux et la musculature.
Ce n’est pas une faiblesse, c’est un programme biologique ancien, pensé pour la survie.
« Don’t shoot the messenger ! »
Comme vous l’aurez compris, le souci ne vient pas des émotions, mais de notre rapport à celles-ci.
Alors évidemment, il ne s’agit pas non plus de leur obéir aveuglément, mais d’apprendre à comprendre leur message plutôt que de s’en offusquer et de les refuser. Les émotions peuvent devenir de précieuses alliées pour mieux appréhender une situation. Elles parlent de nous, si on accepte de les entendre.
Dans un prochain article, nous verrons comment apprendre à réguler ces réactions parfois intenses et développer une véritable maturité émotionnelle. Car ressentir est une chose. Savoir quoi en faire en est une autre.

Je suis thérapeute (hypnothérapie, EFT & EMDR). J’accompagne des enfants, adolescents et adultes dans la gestion de leurs émotions, de leur stress et de leur anxiété depuis 2018, dans mes cabinets londoniens, mais également en distanciel.
Vous pouvez me contacter pour toute question via mon site internet www.younitytherapies.com