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L'art difficile de ne rien faire
Samedi matin, onze heures. Vous avez enfin du temps : du vrai, du rare, de celui qu'on réclame toute la semaine. Pas de réunion, pas de to do list, pas d'endroit où être… pour une fois, rien n’est prévu.
Et pourtant, au lieu du soulagement espéré, une légère agitation se fait sentir.
La scène vous est familière ? Celle où l’on attrape son téléphone “juste pour vérifier un truc”… et quarante minutes plus tard, nous voilà à regarder la rénovation d’un cottage en Cornouailles alors qu’on ne possède ni cottage, ni perceuse, ni projet de vie impliquant des poutres apparentes.
Ou alors on décide soudainement qu’il est absolument essentiel de réorganiser un placard, faire une lessive, apprendre l’italien, écouter un podcast sur les habitudes des gens ultra-performants, faire du yoga… Même le repos semble parfois avoir un objectif de performance. Être détendu oui, mais efficacement.
Soyons francs, est-ce que je caricature vraiment ?
C’est comme si rester immobile quelques instants était devenu étrangement inconfortable.
C'est une expérience tellement commune qu'on n'en parle presque jamais. Parce qu'elle est difficile à formuler : rêver de repos… jusqu’au moment où il arrive et avec lui une étrange nervosité, comme si l’espace vide devait être rempli immédiatement.
Les questions se posent alors : et si le problème n’était pas seulement que nous sommes fatigués ? Et si nous avions aussi un peu perdu l’habitude de ralentir ?
Nous ne savons plus vraiment nous ennuyer
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