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Le super pouvoir du sommeil : le secret de la réussite est-il dans votre  lit ?

Le super pouvoir du sommeil : le secret de la réussite est-il dans votre  lit ?

L’avenir appartient-il à ceux… qui dorment bien ? Le manque de sommeil serait “le mal du siècle”. Réalité médicale ou stratégie marketing de la nouvelle tendance du “sleep-tourism” ?

Francine Joyce
Membres Public

Les grandes figures de l’Histoire - Victor Hugo, Churchill, Jules César, Bill Clinton, Marilyn Monroe… dormaient peu. Pourtant les chiffres 2025-2026 de Santé Publique insistent sur l’importance du sommeil pour notre santé physique et mentale ainsi que pour nos performances académiques et professionnelles.

Selon la dernière édition du “baromètre de la santé des Français” publiée il y a quelques semaines, de plus en plus de Français dorment mal et se plaignent de fatigue persistante avec répercussions sur leur qualité de vie, leur productivité, leur santé mentale. Pour répondre à ce qui est devenu un enjeu de santé publique, le ministère de la Santé a dévoilé une feuille de route pour améliorer notre qualité de sommeil en 2026. Huit heures de sommeil seraient nécessaires pour être en forme, alors que la moyenne française est de 6 heures 42 - soit 1h30 de moins qu'il y a 50 ans.

En 2026, certains  - en particulier dans le monde du business- considèrent le sommeil comme une perte de temps voire un luxe. Nos modes de vie modernes favorisent les agendas surchargés pour les enfants (cours de tennis, de piano, football, maths…) et pour leurs parents (horaires tardifs, voyages professionnels, "commuting", exigences de résultats, compétitivité, échéances en temps limité…).

Malheureusement, l’intensité des journées, la multiplication des activités à des rythmes effrénés et les voyages perturbent nos rythmes naturels. Dans ces conditions, le cerveau peine à retrouver des cycles de sommeil profonds et réparateurs. La charge mentale des sollicitations cumulées ainsi que l'actualité particulièremetn stressante en 2026, contribuent à créer un état de vigilance prolongé et de tension même la nuit, incompatible avec un repos de qualité. A long terme, les conséquences sont multiples.

Difficultés d'endormissement, nuits agitées, cauchemars, repos de mauvaise qualité, apnée retentissent en effet, dès le lendemain sur nos activités physiques, intellectuelles, psychiques et sociales. 

L’enquête “Sommeil 2025” pour INVS révèle qu’aujourd’hui, 73 % des Français déclarent se réveiller au moins 2 fois par nuit, 9% souffrent d’apnée du sommeil, 8% de cauchemars récurrents, 7% du syndrome des jambes sans repos, 3% de somnambulisme, 2% de narcolepsie - hypersomnie. Résultat, un quart d’entre nous somnolent régulièrement dans la journée et un sur deux déclare faire au moins une sieste par semaine. Or l'idée de « rattraper un déficit de sommeil  le week-end »  ne peut totalement pallier la dette accumulée pendant la semaine.

Napoléon a un jour déclaré : “Je serais moins fatigué si je pouvais dormir, mais il y a quelque chose en moi qui ne dort jamais”. Si cette capacité à ne dormir que 4 heures par nuit lui a valu une réputation de surhomme, elle l'a peut-être aussi conduit à son déclin. Dans les dernières années de sa vie, la fatigue accumulée, l’embonpoint, l’incontestable apnée du sommeil dont il présentait tous les symptômes l’ont amené à de lourdes erreurs de jugement, notamment à sous-estimer le froid de l’hiver russe et l’affaiblissement de l’armée française.

De plus, à la fatigue diurne persistante, s’ajoute une humeur instable, une irritabilité croissante au cours de la journée, ainsi qu’une baisse de la concentration, de la mémoire et des performances avec des risques accrus de surmenage, d'accidents du travail ou de la circulation. En outre, le sommeil impacte la production du cortisol, de l’insuline, des hormones de l’appétit et de l’hormone de croissance chez l'enfant. Il est aussi associé à une meilleure réponse immunitaire.

Parfois, à l'origine de ces troubles du sommeil, des événements de vie positifs ou négatifs, voulus ou pas (mariage, grossesse, séparation, jet lag, licenciement...). Dans ces cas, les troubles sont passagers.

Ils sont aussi souvent liés à une mauvaise hygiène de vie et des comportements favorisant l’éveil :

-       la consommation importante d'excitants (thé, boissons caféinées, énergisantes...) ou la prise de sodas, sucreries et/ou d'un repas trop copieux le soir.

-       L’alcool, qui en grandes quantités provoque un endormissement rapide, mais des réveils répétés au cours de la deuxième partie de la nuit

-       L'usage de drogues ou de psychotropes 

-       Le tabac qui augmente l'éveil de par l'action stimulante de la nicotine.

-       La pratique d'une activité stimulante le soir (sport, jeux vidéo...)

-       La sédentarité et le manque d'activité physique

-       L’usage des smartphones en fin de journée (jeux vidéo, réseaux sociaux, séries télévisées…) qui tend à repousser l’heure de l’endormissement et à rendre le sommeil plus compliqué en raison du haut niveau de stimulation du cerveau, du blocage de la sécrétion de mélatonine par la lumière bleue des écrans.

-       L’exposition à une lumière artificielle, un environnement bruyant (ronflements du conjoint, appareils ménagers…), trop chaud ou trop froid (l'idéal se situant entre18 °C/19 °C dans les chambres).

Comme toujours, un problème, c’est aussi un business en plein boom !

Les dernières années ont vu apparaitre un nombre croissant de “coachs du sommeil”, de professeurs de yoga, retraites de méditation, séances de réflexologie… mais aussi des appareils high Tech (bagues, écouteurs, bracelets connectés…), des lits hyper-personnalisés auto-nettoyants qui éliminent poussières, bactéries et allergènes, qui gèrent la température, qui vérifient votre taux d’oxygénation, des saunas infrarouges, des “kits dodo” avec parfums pour oreillers, compléments alimentaires divers et variés…

photo F. Joyce

La chaîne d’hôtels “Six Senses” propose par exemple, une prise en charge à 1 360 euros par personne  pour trois jours, en plus du coût de l’hébergement.

 À long terme, le manque répété de sommeil peut entrainer des difficultés d'apprentissage, une baisse de la motivation et de l'efficacité, du stress, de l'anxiété voire un état dépressif ; une diminution des défenses immunitaires, un risque augmenté de prise de poids ; une majoration des pathologies cardio-vasculaires...  Si l'insomnie devient chronique elle est alors considérée comme une maladie en elle-même. Il faut consulter.

La France fourmille de lieux de sommeil chargés d’histoire : la chambre du Roi à Versailles, les appartements du Château de Fontainebleau, les alcôves secrètes de Chenonceau.

Le raffinement de leurs décors rappellent combien nos nuits ont changé, combien le confort moderne a remplacé le rêve.

 je vous souhaite de bonnes nuits à tous !

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