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Vitamines pour enfants : Mérites et Mensonges
Une toute nouvelle enquête révèle la réalité des compléments vitaminiques pour enfants
Le marketing nous vante leurs mérites mais sont-ils vraiment utiles ? Quel sont les risques de surdosage ? d’utilisation inadaptée ? Qu’en est-il des excipients (riches en additifs, arômes artificiels, édulcorants, gélatine animale...) de ces vitamines pour enfants qui ont envahi pharmacies et supermarchés ?

En Angleterre, comme dans toute l’Europe, la consommation de compléments vitaminiques et alimentaires pour enfants connaît une croissance spectaculaire. Ils sont des sources concentrées de nutriments qui se sont progressivement imposées dans le quotidien des familles. Mais derrière leur popularité croissante se cachent de nombreuses interrogations, tant sur leur utilité réelle que sur leur sécurité.
Aujourd’hui, selon l’étude menée au Royaume Uni par la plateforme Clearpay, nous dépensont en moyenne 234 £ par an en vitamines et compléments alimentaires pour chacun de nos enfants. Ce montant est presque identique à celui que nous parents, consacrons à nos propres compléments alimentaires - 241 £ en moyenne par an – c’est-à-dire seulement 7 £ de plus que pour nos children. Ces dépenses sont-elles vraiment utiles ? Ces produits ont-ils une réelle efficacité ? Pire, présentent-ils des risques pour la santé ?

Il faut dire que l’offre est aujourd’hui pléthorique : prévention des infections hivernales, optimisation de la concentration, soutien de la croissance, renforcement des défenses immunitaires… Ces produits répondent donc à l’inquiétude des parents, conscients que nos habitudes alimentaires modernes se sont enrichies en sucres, en graisses et en calories et qu’elles se sont appauvries en minéraux et en vitamines. En 2026, nous sommes plus de 90% à être convaincus que l’alimentation de nos enfants manque de variété et entraîne des carences. Certes l’avenir de nos bambins se construit au quotidien, et dès leur plus jeune âge. L'inquiétude parentale pour leur santé et leur nutrition est donc une préoccupation légitime.
Ainsi donc, ici, en Grande Bretagne, la majorité des parents (92 %) ont acheté des vitamines et des compléments alimentaires pour leurs enfants au cours de l’année écoulée. Leur but premier : éviter qu’ils manquent l’école ou la crèche à cause de méchants virus.
Les produits les plus populaires sont les multi-vitamines (89 %), la vitamine C (65 %), la vitamine D (61 %), les yaourts probiotiques (56 %) et le fer (51 %). Les chiffres sont similaires en France.

En 2026, les tendances majeures incluent des formats attractifs (gummies, soft jellies, sirops), des formulations perçues comme plus « saines » (sans sucre ajouté, sans colorants artificiels), des composants fonctionnels . Les ventes de magnésium pour enfants ont augmenté de 296 % sur un an, la vitamine D (+231 %) et les boissons probiotiques (+228 %).
Cependant, ces évolutions s’accompagnent de critiques croissantes des associations de consommateurs sur les prix élevés, le marketing agressif et trompeur ciblant les enfants, l’utilité et l’efficacité réelle de ces produits dans le cadre d’une alimentation équilibrée.
En effet, en dépit des coûts et du scepticisme avéré des pédiatres et des nutritionnistes sur les propriétés alléguées de ces comprimés, 44 % des parents prévoient de dépenser davantage en compléments alimentaires pour leurs enfants en 2026. Le directeur général de Clearpay explique :« Alors que de nombreux foyers continuent de faire face à une hausse générale du coût de la vie, la santé est clairement un domaine dans lequel les parents souhaitent continuer à investir.”
En outre, beaucoup admettent avoir du mal à choisir la bonne posologie pour leurs enfants car les dosages de référence (NRV : Nutrient Reference Value) sont souvent ceux calculés pour la population adulte- même sur les emballages pédiatriques. Or les surdosages peuvent entrainer des effets secondaires importants chez les plus jeunes. Par exemple, avec 1 yummy gummy par jour on peut (selon les marques) atteindre 4 fois les besoins en vitamine A d’un enfant. Or celle ci présente des risques pour la santé en cas de surdosage.
Dr Nabli médecin généraliste à Londres, nous dit : " Selon les Governement Dietary Recommendations UK, les doses journalières à ne pas dépasser pour la vitamine Asont de 400 micro grammes pour les enfants de 1 à 6 ans ; 500 ug entre 7 et 10 ans et 600 ug entre 11 et 14 ans. Avec les "gummies", les intoxications chez les enfants sont fréquentes du fait de leur apparence ludique. Les plus petits ont tendance à les prendre pour des bonbons et à en grignoter plusieurs à la fois. Il faut les conserver dans une pharmacie fermée. En cas d'intoxication aïgue, les symptômes sont principalement digestifs - nausées, douleurs abdominales, irritabilité, vertiges, vomissements, maux de tête. A long terme, quand le surdosage est chronique les troubles sont hépatiques, dermatologiques, osseux . "

De plus, la vitamine A se trouve facilement dans toute l’alimentation. Il faut donc bien suivre les directives sur les notices des laboratoires - fabricants. Ne pas donner 2 comprimés quand 1 seul est recommandé. Ainsi sur l'étiquette ci-dessous, il apparait qu'une gélule apporte 47% des apports journaliers en vitamine A.



En prendre une seconde pour atteindre les 100% conduirait à un surdosage en raison des apports ajoutés de l'alimentation. Il est bien écrit (en tout petit mais clairement) : "serving size 1 gummy". Le flacon contient 30 unités pour 1 mois.
Une supplementation en vitamine D est la seule dont les jeunes générations ont vraiment besoin en raison du manque d’exposition au soleil particulièrement marqué en hiver.
Le risque de surdosage est infime pour les vitamines hydrosolubles (B et C en particulier), parce qu’elles sont évacuées dans les urines. Pour celles qui sont liposolubles et stockées dans l’organisme (vitamines A, D, E et K) il faut faire attention.

Vérifiez aussi sur les emballages, les autres ingrédients. Pour les oursons vitaminés gélifiés qui plaisent beaucoup, le premier cité – donc le plus important - est souvent le sucre ou le sirop de glucose ... dont le pourcentage est le même que n’importe quel bonbon. Pas trop grave pour un petit ourson par jour qui aide votre enfant à accepter un complément. Mais il faut prendre en compte ce sucre supplémentaire dans ses apports quotidiens. Il existe aussi des versions “sans sucre” ; mais celles-là contiennent des édulcorants. Toutes concentrent un cocktail bien chimique d’additifs, colorants, arômes, gélatine animale ou de synthèse.
Vitamines et minéraux sont indispensables à la bonne santé de nos enfants, mais en général, comme pour les adultes, une alimentation saine et diversifiée suffit à leurs besoins. Une supplémentation ne se justifie qu'en cas de carence, que seul un médecin ou un pédiatre peut évaluer.

Certaines pathologies, maladies chroniques et troubles alimentaires peuvent conduire à des déficiences et nécessiter la prise d'un complément, mais là encore, seul le médecin ou la diététicienne pourra vous conseiller correctement.
Enfin, sur un plan pédagogique, il ne parait pas bien logique de donner à un enfant un bonbon pour rester en bonne santé !

pour plus d'informations : https://francinejoyce.com/